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 Contre le harcèlement à l'école

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Mlle Walt



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Ven 13 Mar 2015 - 12:23

Aujourd'hui j'ai besoin de me confier car je suis très en colère. En colère de quoi, me direz-vous ? De revivre, presque une dizaine après, le harcèlement scolaire par les yeux de mon petit cousin. Même problème : garçonnet modèle, bien éduqué et qui aime étudier. Moqué sur les réseaux sociaux, moqué au collège, cet univers infernal. J'ai été désemparée en apprenant la nouvelle et je n'ai pas apprécié cet arrière-goût de déjà vu. Quelles traces cela va-t-il lui laisser ? Comme par hasard, il s'agit toujours d'un gamin gentil, adorable, qui ne cherche pas les ennuis. Toujours le même schéma, toujours la même haine de la part des faibles. Haine parce qu'il est brillant, mignon et qu'ils sont jaloux. Ils sont rongés par leur propre jalousie.

Voilà pourquoi je vous encourage à dire, à parler, à écrire, à faire ce que vous voulez mais à ne jamais vous replier. Mon petit cousin ne nous a rien dit ; nous l'avons découvert parce qu'il a été frappé et les coups, ça se voit. Voilà ce qu'il vit tous les jours à l'école : des mots, des chuchotements, des rires, des petits coups de pied, des petites gifles.

Stronger than yesterday, je me mets de son côté et nous nous battrons ensemble car son combat, ce fut aussi le mien.


"Laughter is timeless,
Imagination has no age,
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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Ven 13 Mar 2015 - 23:47

Mlle Walt Tu a bien fait de te confier à nous pour en parler de ce problème qui ronge ton petit cousin à l'harcèlement, c'est dommage qu'il passe par là comme nous tous, le soutenir pour ce combat est une bonne chose de ta part. Wink Smile
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JackJones



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Sam 14 Mar 2015 - 0:35

Un dur passage par lequel malheureusement beaucoup d'enfants doivent passer.. triste à dire.

Mais si toi tu t'en es sortit, il s'en sortira aussi, j'ai moi même vécu ça, encore aujourd'hui (moins, mais tout de même) par rapport à mon style et mes goûts musicaux, un grand metalleux, ça ne plaît pas à tout le monde.

Avec le temps on fini par s'habituer aux remarques, et même les apprécier. Toutes ces remarques ne sont que preuve de jalousie. Wink



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Sam 14 Mar 2015 - 13:08

Voilà hier après-midi, 2 minutes avant de partir à mon concert donc j'étais prêt, habillé et devinez qui vient sonner à la porte, mes deux anciennes amies du lycée (qui me harcèle depuis vendredi il y a une semaine par Facebook et sms) donc ma mère les reçoit devant la porte, moi je me cache dans le salon pour ,e pas qu'elles me voyent, donc les filles affirment avoir appelés avant de venir me voir, alors que non (je n'ais eu aucuns appels ou sms de leur par hier en début d'après-midi), donc ma mère leurs a faits la morales qu'on venait pas chez les gens sans prévenir et puis ma mère leur dit qu'on allait partir.
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Darby



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Sam 14 Mar 2015 - 17:41

peterpan08 a écrit:
Voilà hier après-midi, 2 minutes avant de partir à mon concert donc j'étais prêt, habillé et devinez qui vient sonner à la porte, mes deux anciennes amies du lycée (qui me harcèle depuis vendredi il y a une semaine par Facebook et sms) donc ma mère les reçoit devant la porte, moi je me cache dans le salon pour ,e pas qu'elles me voyent, donc les filles affirment avoir appelés avant de venir me voir, alors que non (je n'ais eu aucuns appels ou sms de leur par hier en début d'après-midi), donc ma mère leurs a faits la morales qu'on venait pas chez les gens sans prévenir et puis ma mère leur dit qu'on allait partir.

Bon, ok, j'avoue, je vois pas la raison de te cacher dans le salon pour pas qu'elles te voient. Elles savaient que t'étais là de toute façon.
Parle-leur, mets les choses à plat, dis-leur que ça t'ennuie qu'elles arrêtent pas de t'écrire, de vouloir te voir, etc... Peut-être qu'elles pensent pas à mal et qu'elles veulent un peu te ''pousser au cul'' pour que tu sortes et que tu te sociabilises.
J'ai des amis qui avaient adopté cette méthode aussi, de me ''harceler'' pour me faire sortir. Je leur ai simplement dit que ça marchait pas comme ça avec moi, que c'est moi qui décidais quand je voulais sortir et avec qui. Elles ont compris et elles se sont excusées.

Je sais très bien que c'est compliqué de ''s'affirmer'', d'oser dire ce que tu penses. T'as certainement peur que ça se retourne contre toi. Je comprends, vraiment. Mais te cacher dans un coin et laisser ta mère faire le sale boulot et les engueuler, ça va pas du tout t'aider.
Même si c'est compliqué, il y a un moment où faut se bouger et oser s'imposer et dire ce qu'on pense. Là tu leur donnes juste encore plus ''d'armes'' pour te faire mal si elles le veulent Wink


Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant. S'il vous répond, vous êtes schizophrène. Dr. House
Ils ne savaient pas que c'était impossible alors ils l'ont fait. Mark Twain
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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Sam 14 Mar 2015 - 18:31

@Darby a écrit:
peterpan08 a écrit:
Voilà hier après-midi, 2 minutes avant de partir à mon concert donc j'étais prêt, habillé et devinez qui vient sonner à la porte, mes deux anciennes amies du lycée (qui me harcèle depuis vendredi il y a une semaine par Facebook et sms) donc ma mère les reçoit devant la porte, moi je me cache dans le salon pour ,e pas qu'elles me voyent, donc les filles affirment avoir appelés avant de venir me voir, alors que non (je n'ais eu aucuns appels ou sms de leur par hier en début d'après-midi), donc ma mère leurs a faits la morales qu'on venait pas chez les gens sans prévenir et puis ma mère leur dit qu'on allait partir.

Bon, ok, j'avoue, je vois pas la raison de te cacher dans le salon pour pas qu'elles te voient. Elles savaient que t'étais là de toute façon.
Parle-leur, mets les choses à plat, dis-leur que ça t'ennuie qu'elles arrêtent pas de t'écrire, de vouloir te voir, etc... Peut-être qu'elles pensent pas à mal et qu'elles veulent un peu te ''pousser au cul'' pour que tu sortes et que tu te sociabilises.
J'ai des amis qui avaient adopté cette méthode aussi, de me ''harceler'' pour me faire sortir. Je leur ai simplement dit que ça marchait pas comme ça avec moi, que c'est moi qui décidais quand je voulais sortir et avec qui. Elles ont compris et elles se sont excusées.

Je sais très bien que c'est compliqué de ''s'affirmer'', d'oser dire ce que tu penses. T'as certainement peur que ça se retourne contre toi. Je comprends, vraiment. Mais te cacher dans un coin et laisser ta mère faire le sale boulot et les engueuler, ça va pas du tout t'aider.
Même si c'est compliqué, il y a un moment où faut se bouger et oser s'imposer et dire ce qu'on pense. Là tu leur donnes juste encore plus ''d'armes'' pour te faire mal si elles le veulent Wink

Excellente réponse Darby! Oui... T'es même plus au lycée et tu te caches toujours autant? Impose-toi (merde)! Faut surtout pas te cacher comme ça... Il aurait fallu leur dire les choses en face, et n'ai pas peur de le dire. Il aurait fallu le faire avec ta mère, même. D'un autre côté, je comprends qu'on puisse avoir peur... Mais franchement... Non, là il ne fallait pas! Tu as le droit total de faire ce que tu veux et de sortir quand tu veux, et personne n'a à te dicter ta vie, et surtout pas par des c*****... Non, peterpano8. Enfin, je compte sur toi pour leur affirmer sans honte que t'en as marre et surtout, il ne faut pas en avoir peur... Prends ton courage à deux mains! Je sais que c'est pas évident...


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Sam 14 Mar 2015 - 18:37

Enfin tout à l'heure j'ai déjà changer de numéro donc elle ne pourras plus m'envoyer de sms déjà.

Et puis en même si je l'ai avait vu elle sera rentré au salon, hors on été en train de partir donc j'aurais perdu du temps pour aller à mon concert.

Et puis une des deux m'avait raketé au lycée enfin m'avait volé plusieurs centimes pendant des mois, bon elle m'avait remboursé 20 € au total mais bon j'ai pas confiance en elle, à l'époque elle me demandé tout les jours pendant 3 mois des centimes pour aller chercher des bonbons à la boulangerie, c'est énervant de faire raquété pour s'acheter des bonbons franchement.

Enfin c'est pas des bonnes filles et elles non toujours pas compris (mais le savent) que j'habite dans un petit village et que je ne peux pas conduire donc elle me reproche que je ne sorte mais déjà je ne peux pas vu que je ne peux conduire et que dans mon village y'a rien.....

Et puis j'ai pensé à tout les coups que celle qui m'avait volé de l'argent m'avait fait durant ma 2nd et ma 1ère par exemple un coup on a du faire exprès (je sais plus pourquoi de plus se parler au lycée) enfin c'était elle qu'avait arranger ça encore.

Donc c'est deux filles sont dingues
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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Sam 14 Mar 2015 - 18:51

peterpano8 ça me touche et cela me fait de la peine, ce racket... Mais tu n'as pas pensé à moi et aux autres membres du forum, qui auraient désiré te voir réagir et t'imposer... C'est dommage. Bien-sûr, je ne dis absolument pas que tu dois considérer nos désirs comme des ordres (quoique j'ai utilisé l'impératif finalement lol...) mais... C'est décevant. J'aimerais tant voir quelqu'un qui arrive enfin à s'affirmer après ces événements, et qui ne se cache pas. C'est ce que j'arrive à faire de plus en plus, et c'est ce que je souhaite à chaque personne ayant survécu à de pareils événements: s'imposer, ne plus laisser passer. Voilà...

Et j'ai traité ces filles de c***** alors "dingues" est bien trop peu. Après, je comprends aussi que tu avais un impératif horaire... Mais je pense que c'est justement plus impératif de leur passer une bonne leçon que d'être à l'heure. Elles te font chier et tu n'as rien demandé, alors bon... Rolling Eyes


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Darby



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 15 Mar 2015 - 0:07

Je vais très certainement me faire taper sur les doigts avec ma réponse mais boarf, j'assume...

Le problème, Peterpan08, c'est que ce que tu décris me semble pas être du harcèlement ''grave'', dans le sens où j'ai l'impression que, si tu t'imposes et que tu oses dire ce que tu penses vraiment sans te cacher sous des prétextes, elles vont comprendre. Elles sont peut-être lourdes, pas très brillantes, mais me paraissent pas volontairement haineuses.
J'ai l'impression, comme j'ai dit avant, que tu te caches sous beaucoup de prétextes (ton handicap, le fait que tu saches pas conduire, que tu ne boives pas, etc...) pour éviter d'avoir à affronter des situations qui te font peur. Et je peux comprendre que t'agisses comme ça, j'ai envie de le faire aussi la plupart du temps.
Le problème c'est qu'en faisant ça tu ne fais que te mettre encore plus à l'écart, de te rendre un peu plus ''faible''. Et de leur donner, si vraiment elles en ont envie, des raisons de plus pour te harceler.
De ce que t'en dis, et même si je vois que t'en souffres, j'ai pas l'impression que ce soit une situation dont tu ne puisses te sortir. Le racket c'est violent et pas brillant, et oui, c'est emmerdant, mais tu dois toi-même qu'elle t'a remboursé (du moins une partie)... T'as dû faire exprès de plus lui parler ? Ok c'est sacrément débile mais... Enfin, je dirais pas que tu souffres moins que moi ou qu'une personne lambda harcelée, comprends-moi bien, je sais que chacun a son propre niveau de souffrance et je suis pas là pour te juger.
Ce qui me fait mal c'est qu'en te lisant, je vois juste quelqu'un qui prend tout comme mal et agressif et qui n'arrive pas à dire non ou à ''assumer''. Et tu peux pas vivre comme ça. Y a un moment où il faut que tu prennes tes responsabilités de mec de 22 ans et que tu leur dises ce que tu penses, sans te cacher derrière ta mère.
Rah, j'ai l'impression d'être super agressive, mais en lisant tes posts, tu me donnes le sentiment d'être quelqu'un de très passif, qui a peur de la vie et qui ose plus l'affronter. Réagis, c'est tout ce que je peux te donner comme conseil, là t'es en train de te pourrir le cerveau à te prendre la tête pour tout et à ne jamais dire ce que tu penses...

J'ai une amie qui est exactement comme toi. Et à force de dire que non, je peux pas aller à cette fête parce que je connais pas la majorité des gens, non je n'irai pas là parce que l'ambiance me plaît pas... Elle s'est détruite et maintenant elle est incapable d'être en société sans angoisser totalement. Elle a développé une phobie de la foule et des gens en général juste dingue à voir, simplement en se répétant que ''non je veux pas, je peux pas, je veux pas, je peux pas''... Et même si ça me fait très mal de devoir la secouer de temps en temps pour la faire réagir, je le fais, parce que pour elle c'est une victoire de surmonter ça. Je te souhaite de ne pas en arriver là Smile

(et prends pas trop mon message violemment, il est là pour aider^^)


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Glywen



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 15 Mar 2015 - 0:51

C'est vrai que Darby a raison, au bout d'un moment, il faut exploser, envoyer bouler clairement et surtout définitivement. Ces personnes t'ont fait du mal, tu veux t'en débarrasser mais elles reviennent et tu te planques. C'est un réflexe que j'ai aussi mais moi je suis favorisée parce que mon ancienne amie est à l'étranger pour un an donc je ne risque pas de voir quelqu'un débarquer pour demander des explications pour mon silence.
J'aimerais aussi suivre ce conseil, mais le problème c'est que je suis lâche quand il s'agit d'affronter des personnes. Aussi moi je ne l'ai pas supprimée de mes messageries parce que je veux voir si elle est touchée par la grâce et finit ENFIN par s'excuser de ce qu'elle m'a dit lors de notre dernière conversation (les gens qui me donnent des conseils pourris presque sous forme d'ordres et qui finissent par dire "nan mais si je dis ça c'est pour toi" c'est pas la peine)mais depuis, ses messages étaient tous pour me poser des questions, voir si je pouvais aller a son annive (j'ai pas envie de dire inviter parce qu'elle fait partie de ces personnes qui "invitent" et ou tout le monde paye sa part aux activités et même au bar. ) ou si je faisais la tronche...mouais, j'ai pas répondu une fois mais je me demande si j'ai bien fait et si je ferais pas mieux d'exploser en répendant tout ce que ma tête pense alors "Je fais pas la tête, je coupe les ponts parce que tu te remet jamais en question, je suis toujours a te rassurer quand tu chiale, alors que quand c'est moi c'est toujours de ma faute, tu me rend jamais service et moi je dois toujours être a disposition, tu répond a mes messages que quand je finis par provoquer en râlant a propos de l'actu et là encore tu fais exprès de JAMAIS être d'accord, sérieux t'est qu'une amie de m**de!!! "



Ma fanfic sur PM: "Sherlock contre Phantom"->http://www.disneycentralplaza.com/t31782-fanfiction-sherlock-contre-phantom?highlight=sherlock

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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 15 Mar 2015 - 11:26

+241.1 Darby Neutral


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 15 Mar 2015 - 11:40

Bravo Darby! Belle analyse... On veut d'un toi fort, et qui ne se cache pas derrière des prétextes... C'est dur, je sais, mais c'est ce qu'il y a de mieux à faire...


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Darby



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Lun 16 Mar 2015 - 18:24

Contente de voir que vous ne me flagellez pas à coups de fougères What a Face (oui j'ai trop vu le spectacle de Lecaplain, mea culpa)

Glywen, si tu ressens le besoin de le faire, fais-le. Oui, je sais, c'est plus facile à dire qu'à faire.
Mais sérieusement, j'essaie (et j'y arrive de plus en plus) à me dire qu'on n'a qu'une seule vie et que je vais pas la gâcher avec des fréquentations hasardeuses et des prises de tête constantes. Y a deux-trois personnes à qui je tiens vraiment que je n'enverrai jamais ch*er (ou du moins pas sans délicatesse^^), pour le reste, si tu me cherches, tu me trouves. Quand une pote me gonfle, je lui dis, et j'accepte qu'on me le dise en retour et je me base sur ces critiques pour ''m'améliorer''.
Je me souviens pas de l'histoire complète avec ton ''amie'', mais si t'en arrives au point d'avoir ce genre de pensées sur elle et d'être soulagée parce qu'elle est à l'étranger pour des mois, c'est que t'as plus rien à perdre à lui dire ce que tu penses...

J'avais une amie, à une époque, qui a joué du fait que j'étais très seule pour se rapprocher de moi et devenir ma prétendue ''best friend foreveeeeer''. Sauf que bon, au bout de 2-3 mois (histoire d'avoir des bases, pas très solides, mais des bases quand même), elle a commencé à profiter du fait que je ne pouvais/voulais pas me ''séparer'' d'elle pour abuser totalement. Du genre m'emprunter 100 francs (suisses, désolée, flemme de faire le change Langue ) pour s'acheter un Ipod... J'ai jamais revu mes 100 francs. Elle passait son temps à pomper sur mes devoirs, à s'incruster chez moi et à laisser un bordel monstre dans ma chambre, j'avais des objets qui disparaissaient régulièrement et elle se faisait inviter - plus ou moins discrètement - à tous les matchs de hockey, spectacles, etc., où j'allais avec mes parents.
Le pire c'est que j'en étais consciente ! Mais je voulais rien dire parce que je savais ce que c'était d'être seule, ça plus le fait qu'elle savait pas mal de choses assez personnelles sur moi, ça aurait été attirer l'ennui de lui dire ce que je pensais x) Il m'aura fallu un looooong moment pour lui dire vraiment ce que je pensais de son attitude (en toute politesse évidemment *tousse* ) et, bien sûr, elle a tout nié en bloc (et j'ai jamais revu mes objets disparus )... Pas grave, ça m'a quand même fait un bien fou Smile

Mlle Walt je viens de voir ton message (oui, décalage horaire France-Suisse, 'comprenez...) et ça me touche beaucoup, parce que j'ai connu (et connais toujours d'ailleurs) ça avec ma cousine, qui a 13 ans maintenant. Harcelée parce que ''en marge'' (elle penche plus du côté jean/sweat que leggins/décolleté, elle a eu son téléphone assez tard, elle aime plus lire et dessiner que ''sortir''), il lui a fallu un moment pour nous avouer ça. C'est dur, parce que je sais trop bien ce qu'elle vit mais je suis impuissante. Je la soutiens, elle a mon numéro de téléphone au cas où ça dégénère et on s'écrit assez régulièrement pour qu'elle me tienne au courant, mais à part ça... Même combat avec les mêmes profs que j'avais et leur même connerie... ''Ah mais non, on n'a rien remarqué !'' Tss, tu parles, quand elle arrive en larmes, tu remarques rien... C'nnard !
Enfin bref, je sais pas quel âge a ton cousin, mais tu peux aussi lui proposer ton numéro de téléphone pour t'appeler quand il en a besoin, et lui dire que tu connais ça et qu'il doit pas avoir honte d'en parler avec toi. Je vois que ça fait beaucoup de bien à ma cousine de pouvoir parler, d'avoir un soutien...


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Mar 17 Mar 2015 - 21:57

http://www.sudouest.fr/2015/02/15/la-tete-de-turc-se-rebiffe-et-raconte-son-calvaire-1830856-2277.php

J'ai lu les commentaires, certains sont affligeants de bêtise.

Ce qui m'encourage encore plus à raconter à écrire... Car "les paroles s'envolent, les écrits restent".


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Jeu 19 Mar 2015 - 16:34

Je reviens ici pour faire suite à mon "témoignage" précédent.
Aujourd'hui on avait vie de classe et je savais très bien que mes notes avaient baissées et que ça allait me retomber sur la poire comme quoi j'aurai arrêter de bosser ( passer de 14 à 11 c'est forcément vu comme un arrêt de travail ). Ça a pas loupé, le prof principal viens me voir et me dis que comparé au premier trimestre les notes ont descendues et me demande si il y a une raison particulière, si j'ai moins travaillé .. J'ai senti les larmes monter et j'ai sorti un petit "c'est autre chose" mais je me sentais horriblement mal. A la fin du "cours" je suis restée pour entre guillemets me défendre, sauf que.. j'ai éclatée en sanglots sans dire un mot. Je voulais rien dire, juste que j'étais pas bien dans le lycée et tout est parti, je me suis vidée de 15l d'eau, et il était plutôt étonné que je cache ça, parce que ça ne se voyait pas. ( j'ai uniquement parlé des problèmes de cette année sinon j'aurais fini sèche en boule au sol ). Il a tout noté pour éclaircir tout ça au conseil, m'a dit qu'ils allaient jouer pour que je passe dans un autre lycée, en fait j'avais honte, pleurer comme une idiote pour ça. Ça m'a fait un bien fou d'en parler à un adulte ( surtout qu'à la base j'avais pas confiance en lui..), ceci dit il veut en parler avec ma mère, pour lui c'est plus possible que je me taise ( si tu savais tout mon coco ).. Je lui ai donné le numéro parce que le deal c'est qu'il appelait si je n'en parlais pas, je lui ai dit clairement que j'en serai jamais capable.. Je sais pas comment va se passer la suite, j'ai terriblement honte, je me sens tellement idiote de pleurer autant, j'ai peur pour la suite ..


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Jeu 19 Mar 2015 - 17:16

Non au contraire tu n'as pas à avoir honte d'avoir eu assez confiance en un adulte pour laisser passer tes émotions devant lui, surtout s'il peut t'aider. En plus, garder tout ça au fond de toi...fallait bien que ça sorte à un moment donné.


Dernière édition par Dawn le Jeu 19 Mar 2015 - 17:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Jeu 19 Mar 2015 - 17:50

PinkTale C'est un moment fort de ta jeunesse... Et franchement, bravo! Bravo pour l'avoir dit... C'est pas facile, un incompréhensible sentiment de gêne et de honte t'atteint... Mais c'est grâce à ça que tu vas sauver ta jeunesse! Félicitation! Tu n'as pas à avoir honte, à te cacher. Moi aussi j'ai eu honte, et c'est seulement lorsque ça s'est arrêté que je n'ai plus eu honte, alors que j'aurais du jamais en avoir honte avec du recul. Les autres ont manipulé ton ego pour te faire croire que tu n'es rien comparée à eux.. Ils ont fait croire que c'est légitime. Or, c'est tout sauf légitime. C'est grave, oui, mais c'est à eux d'avoir honte! Tu en ressortiras plus forte! Je veux que tu puisse vivre la même chose que j'ai vécu... En parler, c'est dur, mais c'est la meilleure solution contre la censure qu'ils t'ont imposé!

N'ai pas peur du futur. Tes parents vont le savoir, leur avouer c'est pas toujours évident, mais ils vont faire le nécessaire pour te protéger, et leur regard sur leur merveilleuse fille ne changera pas.

N'ai pas honte... Ce que tu as vécu suscitera plus d'attention sur toi, mais c'est pas du tout une fatalité. C'est au contraire l'étape fondatrice de changement!

Tu as beaucoup de chance d'avoir ce prof! Je me prosternerais devant lui quand on voit parfois d'autres instit...

Un grand bravo pour ton courage!

Ensuite, je voulais dire que je pense écrire une lettre à mon ancien établissement. Ils ont vu l'ampleur de mon harcèlement pile poil au moment où je suis sorti, alors voilà... Et je leur ai promis aussi de leur envoyer de mes nouvelles, alors bon... Je vais faire ça,  car je suis quand même la troisième personne à s'être fait emmerdé comme c'est pas possible dans ce même établissement tout de même!


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Glywen



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Jeu 19 Mar 2015 - 18:09

PinkTale, c'est un grand pas en avant. Tu as craqué, et bien merci au craquage parce que cela va t'aider à avancer. Il a raison, ce n'est plus possible que tu te taise, d'ailleurs ce n'est pas à toi de te taire, mais à ceux qui t'ont emm**dée. Cela ne pourra qu'aller mieux, si tu ne peux pas en parler à ta mère, il le fera, au moins tu as trouvé quelqu'un pour le faire à ta place parce que tant que cela ne sortait pas, a moins d'avoir été toujours avec toi lorsque les autres te saoulaient, personne n'aurait pu deviner. Comme dirais Merlin, tu es au plus bas, tu ne peux que monter.



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Ven 20 Mar 2015 - 0:01

Tu a bien fait d'en parler à ton prof principal PinkTale~ il été la pour comprendre et t'écouté à propos de tes problèmes et il veux en parler avec tes parents c'est un bon +
bravos à toi. Smile Wink
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PinkTale~



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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 22 Mar 2015 - 13:40

Merci pour vos messages à tous, je me sens un peu moins coupable avec le recul ^^'

Vendredi soir a eu lieu mon conseil de classe, j'ai pas dormi de la nuit et j'étais en surdose de stress jusqu'à ce que mon amie me rapporte tout ce qui avait été dit, et là je me suis effondrée, mon prof principal a donc expliqué mon cas à tous les professeurs ainsi qu'a la CPE, au proviseur et aux délégués.. et à ma grande surprise, les professeurs sont tous là pour me soutenir, ont visiblement été tous "sous le choc" quand mon prof a parlé de mon craquage-déballage-de-vie..  La classe en a littéralement prit plein la g*ueule, sur tous les points, ils ont promis de tout faire pour que je change d'établissement. En fait ils sont tombés de haut, ils ne pensaient pas que j'étais si mal ici mais comprennent entièrement ( certains profs ne se plaisent pas non plus dans ce lycée .. ). Je pensais pas qu'ils accorderaient autant d'importance à ça, je suis complètement bouche bée.
Tout ça pour dire que j'étais la première à dire " tu cache tout et tu arrange ça comme tu peux", j'avais pas confiance en mon prof principal, J'AI EU TORD SUR TOUTE LA LIGNE, non sincèrement, parlez en, si vous avez la chance d'avoir une équipe pédagogique comme la mienne qui me terrorisait pourtant, y'a un moment faut craquer.
Ceci dit j'appréhende quand même le regard des professeurs et délégués maintenant, je voudrais pas être vu comme la petite fragile quoi Neutral


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 22 Mar 2015 - 14:54

Je ne pense pas que tu puisses être vue comme une petite chose fragile, sachant que tes "profs sont tombés des nues" devant une souffance qu'ils ne soupçonnaient pas, et que par conséquent, tu ne laissais pas transparaitre. Il faut de la force pour ça, et il en faut aussi pour accepter de la laisser transparaitre devant quelqu'un Wink.


Chapeau de paille.
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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Dim 22 Mar 2015 - 15:20

Tu voix PinkTale~, quand tu en à parler avec ton prof principale, ça a bouger les choses au conseil ! Wink Smile
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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Lun 23 Mar 2015 - 17:04

PinkTale Tu avais peur, comme tu l'as dit, tu avais tort. L'avenir ne peut qu'être meilleur pour toi Wink...
Concernant le fait qu'on pourrait te prendre pour quelqu'un de faible... Moi j'ai été hypersensible après avoir déménagé, donc on me considérait comme faible en dépit des événements. C'est normal de se sentir faible après ça... Mais surtout, voilà... Il va falloir que tu apprennes à dire MERDE à chaque personne qui aura envie de te t'exclure, de te critiquer... C'est un long chemin... Un long chemin auquel je pense être arrivé bientôt à bout. Mais le trajet en vaut vraiment le coup, même si c'est pas marrant... Déjà, je pense que tu as de la chance dans ton malheur: tu en as parlé ici, tu ne t'es pas repliée et surtout tu l'as dit! En plus, tu as une passion, Disney et nous en tant que soutient. Toutes ces choses, mis à part pour le forum, je ne les ai pas eu. Tu as malgré ces événement une personnalité qui semble encore avoir de la force, et ça, c'est réellement un atout pour le futur. Tu t'en sortira sans doute plus vite que moi, de ton mal-être!
En tout cas, ta démarche est tout à fait honorable et j'aurais aimé que cela soit le cas pour chaque élève harcelé. Encore bravo...
Je suis très heureux de voir qu'on t'a sans doute apporté quelque chose pour ça!


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Lun 23 Mar 2015 - 22:50

Bravo PinkTale, tu as fait preuve d'un énorme courage !

"C'est en vainquant sa peur et sa honte qu'on devient brave." Wink


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MessageSujet: Re: Contre le harcèlement à l'école Mer 25 Mar 2015 - 23:13

Inspiré d'une histoire vraie.
À mon meilleur ami.


La haine est la plus grande affaire de la vie. Les sages qui ne haïssent plus sont mûrs pour la stérilité et pour la mort.
René Quinton.

8h04. Gordon rentrait en tête comme à son habitude et s'asseyait au premier rang en veillant à ne pas froisser le velours de sa chemise par un appui trop important sur l'inconfortable dossier de la chaise. Après avoir adressé un sourire onctueux à son professeur de philosophie, Mlle Constance, il entreprit de sortir ses affaires dans un ordre protocolaire avant de regarder passer devant lui ses camarades en affichant un petit air supérieur. Il reçut de fraternelles tapes dans le dos de la part de ses plus anciens amis qui virent occuper les places à ses côtés et jusqu'à deux rangs derrière. Loin de faire l'unanimité, on pouvait raisonnablement dire qu'il était entouré. Issu d'une bonne famille parisienne, on lui eût prêté toutes les qualités : serviabilité, élégance aristocratique, attitude mesurée, intelligence remarquable, etc. Une forme de noblesse se réinventait en sa personne, conférant à ses avis et ses postures une profondeur recherchée par les jeunes gens qui papillonnaient autour de lui. Ses pas foulaient la sûreté comme si rien n'eut pu entraver sa marche vers un avenir sur lequel il posait des yeux placides et désabusés. Son avenir, nombreuses étaient celles qui voulaient l'unir aux leurs. Gladys, Rebecca, Stéphanie... Et puis surtout Alix qui attendait désespérément l'éveil sentimental de cette curiosité pour tout le monde. Après avoir échangé quelques banalités avec son groupe de copains et plaisanté sur la forme de la nouvelle paire de lunettes de Pietro, une voix gagna spontanément en intensité pour couvrir le vacarme habituel qui signait chaque rentrée en classe :
« … la pensée de Lucrèce ? »
Par un élégant mouvement semblant solliciter l'intégralité des muscles et articulations de ses bras, Gordon leva la main et attendit docilement que le regard de Mlle Constance ait décrit toute la salle pour finir par se poser sur lui. Accompagnée d'éclaircissements de gorges gentiment moqueurs des amis de Gordon, l'enseignante reprit, un peu lasse :
« Oui, Gordon ?
- Le De natura rerum, commença-t-il, réunit à lui seul tous les points communs des traditions philosophiques antiques de conception de la vie heureuse et du bonheur. On fait d'ordinaire Lucrèce un suiveur d'Épicure mais, en le lisant, on se rend compte qu'il fait aussi allusion en filigrane à une sorte de purge cathartique qui n'est pas sans rappeler les lettres de Sénèque à Marcia, une patricienne qui venait de perdre son fils, et à qui le grand philosophe conseille de s'occuper l'esprit pour ne plus pleurer. Par ailleurs, l'état des lieux que dresse Lucrèce des relations entre les hommes et les femmes m'a permis de constater que peu de progrès ont été réalisés de part et d'autre depuis deux millénaires »
À ces mots, un tonnerre d'acclamations s'éleva des sièges occupés derrière lui. Encore une fois, il venait de faire sensation. Les garçons lui tendaient de victorieux pouces de félicitations et cherchaient à lui taper dans les mains. Les filles, alanguies, en soupiraient d'aisance et de frustration. Après avoir fait cesser les émeutiers parmi lesquels certains s'étaient levés, Mlle Constance fut forcée d'admettre :
« À quoi me sert donc encore de vous interroger, M. Parent ? Votre maîtrise des œuvres au programme égale celle d'un agrégatif. À l'avenir, je veillerai plutôt à questionner vos camarades pour lesquels le baccalauréat pourrait bien être une autre paire... »
Mlle Constance n'eut pas le temps de terminer sa phrase que la porte, qui s'était ouverte à la volée, venait heurter violemment le mur situé derrière elle. Dans l'encadrement se tenait un garçon qui avança d'un pas décidé vers le bureau du professeur, indifférent à la trentaine de paires d'yeux qui le dévisageaient. Avec un mélange de vigueur et d'insolence, il extirpa un papier de la poche extérieure de son blouson en cuir, le brandit avec goguenardise et le tendit brusquement à Mlle Constance. Celle-ci jeta un regard indigné à l'intrus et pendant que des murmures s'élevaient dans la salle, elle parcourut rapidement le torchon qu'on venait de lui remettre. Les éclats de rire étouffés de la salle ne troublaient pas son œil scrutateur qui alternait entre la feuille et le jeune homme. D'un mouvement de la main, elle obtint le silence de l'assistance. Contournant son office, elle se plaça à la droite de l'arrivant et prit enfin la parole :
« Je vous présente Zacharie qui arrive d'un lycée de province. Je compte sur vous pour vous montrer des hôtes plus chaleureux que l'hôte qu'il ne fut lui-même il y a quelques instants en manquant de dégonder la porte, tança-t-elle. Allez vous asseoir ! »
Avec un rictus de fierté gasconne, Zacharie alla se placer au fond de la salle, l'assemblée se retournant sur ses talons pour le voir passer. En seulement quelques minutes, la table qu'il avait choisie fut jonchée d'un tas d'objets hétéroclites. Une trousse débordant de crayons mâchonnés laissait échapper des pelures de gomme. Des cahiers aux pages écornées transportaient des polycopiés salis ainsi que la lame d'une paire de ciseaux, qui avait perdu espoir depuis longtemps de retrouver sa jumelle. Des écouteurs encore raccordés à un baladeur pendaient tristement de la poche principale d'un sac à dos mangé aux mites. Dans un petit sachet en papier qui paraissait avoir effectué un séjour dans l'eau, des mandarines étaient empilées et commençaient à parfumer la pièce. Un chewing-gum mastiqué peu discrètement, Zacharie s'avachit sur sa chaise, décapuchonna un stylo baveux et le fit pivoter distraitement entre ses doigts en attendant la suite du cours. Il ne prêta même pas attention aux observations de Mlle Constance, visiblement très irritée par son comportement cavalier. Les chuchotements se multipliaient derrière Gordon. Il était question du nouvel élève et, de ce que Gordon put en entendre, on se demandait « ce que c'était que ça », « d'où venait cet énergumène » et « pour qui il se prenait ». Il avait même cru entendre : « encore un qui ne fera pas de l'ombre à Gordy ! ». Vaguement amusé, ce dernier tâcha difficilement de reprendre le fil du raisonnement du professeur qui parlait depuis une dizaine de minutes. Sans tout dramatiser, le nouveau venu ne lui inspirait pas beaucoup de sympathie. « Son côté m'as-tu-vu trahit son doute un manque de maturité et d'assurance » pensa-t-il. Tiré de ses réflexions par l'exposé sonore de Mlle Constance, Gordon leva de nouveau le bras lorsque cette dernière demanda :
« Quelqu'un peut-il me dire quelle méthode de travail emploie Locke dans les Essais pour reconstruire progressivement sa vision du monde ? Éberluée, elle ajouta sans se tourner vers Gordon : oui, Zacharie ? »
Fermant lentement les paupières d'un air hautain puis les rouvrant théâtralement, le nouveau récita :
« Les extraits les plus fameux des Essais sur l'entendement humain débutent par la non moins célèbre phrase ''supposons que j'aie perdu la mémoire de certaines parties de mon existence''. La question de la conscience y est traitée par un postulat mathématique trompeur puisqu'il nie un attribut dont l'humain ne peut se départir volontairement : la mémoire. Le but est de servir une reconstruction empirique de l'existence. C'est entre autre pourquoi Leibniz cherchera à le ridiculiser en écrivant ses Nouveaux essais sur l'entendement humain »
Les lèvres légèrement entrouvertes, Mlle Constance se contenta d'approuver et de ne pas mettre trop au jour sa stupéfaction. Ce sentiment était clairement partagé par le reste de la classe. Des marmonnements avaient repris, au grand plaisir de Zacharie apparemment très satisfait de son petit effet. Gordon fut contraint de baisser piteusement la main, fait inédit en cours de philosophie plus encore qu'ailleurs. Le restant des deux heures de cours se déroula selon le même modèle. Mlle Constance semblait ravie d'avoir enfin le choix d'un interlocuteur et faisait varier les prises de parole une fois sur deux. En fin de cours, elle rappelait à tous la qualité des échanges de la séance et s'apprêtait à encourager le reste de la classe à suivre l'exemple donné par les deux adolescents lorsque Zacharie l'interrompit en traversant la salle pour sortir avant même le dernier son du carillon. Disparaissant dans l’entrebâillement de la porte, un concert de conversations chanta soudain. Le nouvel élève était au cœur de toutes les discussions. Son mépris, sa vantardise et sa désinvolture faisaient pour le moins débat. Invité à donner son avis, Gordon préféra se soustraire aux pronostics, prétextant devoir faire un détour par les toilettes avant le prochain cours. Ses amis le virent partir avec précipitation, sans comprendre.


***


« Mais pas du tout, enfin ! Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ? »
Deux semaines s'étaient écoulées depuis l'arrivée de Zacharie et la surprise qu'il avait suscitée avait connu des répliques. Sous son air dégingandé, sous son apparente amoralité, derrière son œil orgueilleux et chafouin, il se révélait un excellent sujet, tutoyant les connaissances de Gordon et ce, dans toutes les matières. Une forme d'émulation était en train de s'épanouir entre eux sans qu'ils ne se soient encore adressé la parole. Cette situation amusait beaucoup les amis de Gordon mais avait du mal à arracher un sourire au Gordon en question qui avait entamé une course à la justification systématique. Dans l'attente de leur prochaine majeure de science, la dispute avait repris :
« Cesse de te raconter des histoires, Gordy ! On a bien remarqué que tu fais tout ton possible pour conserver ton rang. Depuis trois jours, tu essaies même de lever la main avant lui !
- Mais c'est faux ! se défendit Gordon. Apprends, Marc, que je suis très heureux quand mes camarades réussissent »
Le groupe pouffa de rire. Béatrice articula, étranglée :
« Et tu espères convaincre qui avec ça ? On a tous vu ta tête quand il a énoncé la définition des points cocycliques en cours de maths. Tu étais vert de rage !
- À nouveau, vous vous méprenez, se contint Gordon. Et puis, je t'en prie, Béa... J'ai moi aussi étudié le programme de l'an prochain.
- Il n'empêche qu'on sent une gêne...
- Eh bien, elle n'est que fictive, trancha-t-il. Regarde-le ! Son cynisme a l'air de plaire à une partie de la classe. J'imagine qu'il leur raconte avoir établi le diagnostic d'un malade sur un brancard sans l'avoir ausculté ou qu'il les toise parce qu'il sait le latin. Le plus triste demeure qu'ils ont l'air de tout gober... Et tu voudrais que je sois envieux de ça ! »
Zacharie était adossé contre le mur, à l'arrière de la file des élèves, en conversation avec un petit groupe qui gloussait par moment, à l'un ou l'autre de ses gestes amples et gracieux. Gordon continua, plus consensuel :
« Sa tendance à l'étalage n'est pas de mon goût. Depuis dix jours, son jeu de parade reste inexplicable. Je ne lui reproche rien, je ne le connais pas. Mais je trouve qu'il cherche à se faire applaudir et j'ai une sainte horreur de ce genre de personne.
- C'est vrai que tu n'es pas du genre à te glorifier de tes exploits, ajouta Pierre avec un gentil coup de coude »
Gordon se tourna vers lui et lui rendit son sourire en dodelinant de la tête pour lui signifier qu'il le trouvait incorrigible. Alors que les élèves entraient dans la salle, le petit comité qui entourait Zacharie avait grand-peine à réprimer sa gaieté. Très détendu, presque songeur et aérien au milieu de ce groupe, Zacharie entra en cours pour aller rejoindre le fond de la salle, magnétisant tous les regards. En passant devant lui, Gordon eut l'impression que le nouveau lui avait jeté un rapide coup d'œil. Il évacua cette sensation bien vite en se convainquant que Zacharie n'était qu'un élève comme les autres et que ses intérêts ne dictaient pas, de facto, la bonne mécanique du monde. M. Boutou adopta le ton solennel des jours de remise des contrôles :
« Bien ! Faites silence, claironna-t-il d'une voix suraiguë. Je vous rends vos devoirs de sciences naturelles, bande de petits prodiges. Gadurot, 6... Il serait temps de réagir ! »
Le père Boutou aimait beaucoup ces séances d'humiliation collective, cultivant la secrète espérance de trouver un jour dans la classe ce qu'il n'y avait jamais décelé : une faille chez certains étudiants qui se mettraient à houspiller leurs semblables à l'annonce de leurs piètres résultats.
« Belant, 10. C'était très juste, mon gaillard ! Massin, 7. Il y a du mieux... Parent, 16. C'est régulier : vous n'êtes pas un élément intéressant ! »
Ravi de sa note et de son appréciation, Gordon se rappela les heures passées à réviser les leçons de cardiologie nécessaires pour arracher un 16 dans la matière de Boutou. Momentanément anesthésié, il ne comprit pas tout de suite continuait à s'adresser à lui en poursuivant sa distribution :
« … Force est de le constater et votre mutisme me rend assez malade sans que vous en rajoutiez, Parent. Nous avons trouvé plus scandaleux de facilités que vous, j'en ai peur. Bressecourt, 18 ! »
Gordon se retourna en même temps que le reste de la classe pour voir M. Boutou remettre sa copie à un Zacharie ni content ni mécontent qui affichait toujours la mine flegmatique et un poil trop vaniteuse qu'on lui connaissait depuis deux semaines. Les palabres de Boutou, où se mêlaient l'admiration pour un nouveau virtuose et la consternation d'avoir été obligé d'accorder une note si flatteuse, se perdaient en un borborygme inaudible. Gordon fixait intensément Zacharie qui soutenait son regard, devant l'air interdit et sous le choc de ses amis. Un échange vide s'opérait. Zacharie montrait un imperceptible sourire. Gordon, quant à lui, avait un visage inexpressif. On y lisait tout à la fois incompréhension, soupçon et tristesse. Lorsque le cours fut terminé, ses amis sortirent avant lui, sans mot dire. Après avoir salué le professeur, Gordon fut rattrapé dans le couloir désert par Zacharie. Les deux jeunes hommes se faisaient face pour la première fois, seul à seul, se jaugeant, Gordon sur la défensive et Zacharie presque amusé de la situation. Ce fut lui qui brisa le silence :
« On dirait que nous voilà rivaux à présent !
Gordon, les bras croisés et la mine grave, fut saisi de stupeur par cette rencontre au sommet qu'il avait redoutée mais lui lança la réponse qu'il avait concoctée depuis des jours :
- Qui es-tu ? Et pour qui donc te prends-tu ?
Zacharie fut décontenancé une fraction de seconde puis dévoila petit à petit toutes ses dents jusqu'à ses canines pointues. Il dit à mi-voix :
- Je me trompe ou tu te sens tourmenté depuis quelque temps ? Certains m'ont dit que tu étais en position hégémonique avant mon arrivée. Est-ce que je serais en train de te faire vaciller ?
- Impertinent ! Je n'ai plus à prouver ce que je vaux. Tes indics ne sont que de petits conspirateurs médisants, rétorqua Gordon, mauvais.
- La jalousie t'égare, cher Gordy ! » titilla Zacharie malicieusement. Relevant le nez avec une hauteur horripilante, il actionna délicatement le bouton de la porte qui menait à la cage de sortie et ajouta d'un ton vipérin : « Si nous jouions un peu... Je serais curieux de savoir ce que pensent tes sujets de leur roi. Ne leur faudrait-il pas une figure tellement moins rasoir à aduler ?
- Ne m'appelle jamais plus Gordy » acheva Gordon dans un mélange d'inquiétude et de froideur.


***


La file d'attente de la cafétéria ne diminuait pas. Dans le dédale qui servait à faire patienter les élèves affamés, ce n'était qu'un joyeux tohu-bohu. Çà et là, des jeunes écoutaient la dernière musique en vogue, parlaient politique avec l'emphase d'énarques diplômés ou se racontaient le moins discrètement possible les récents potins du bahut. Dans ce boucan, Gordon et ses troupes faisaient plus de bruit qu'à l'accoutumée. Comme souvent depuis peu, le temps était à l'orage. Solène demanda vivement :
« Mais qu'est-ce qui justifie le dégoût que tu as pour lui ? Après tout, il n'est pas si différent de toi. Il est brillant en cours. Et alors ? Tu ne vas quand même pas t'offusquer pour quelques dixièmes de point dans la moyenne ou parce qu'il aura complété des réponses par une précision que tu ignorais.
- Écoute, par pitié, Solène... Je sais très bien que le dicentra est l'autre nom du 'cœur de Marie', répondit Gordon agacé. À la différence que moi, je le sais parce que j'ai un père botaniste alors que lui a sans doute trouvé l'information sur son portable dernier cri relié au net ! »
Cette dernière affirmation catégorique de Gordon souleva un tollé dans les rangs de ses contradicteurs. Pierre tenta de calmer le jeu en faisant avancer le groupe qui avait immobilisé la file d'attente. Des sifflets de contestation résonnaient derrière eux. Tout en courant pour regagner leur retard, Marc ne put se contenir :
« Tout de même, il y a des moments où je ne te comprends pas. Vous pourriez tous les deux recueillir l'admiration de tous. Ce qu'on donne à l'un, on ne le retire par à l'autre. Tu manques peut-être un peu de souplesse, pote !
En commandant une bisque et des brocolis, Gordon ironisa :
- Moi ? Faire ami-ami avec ce pantin qui vient de surgir de ses bois il y a à peine un mois, qui vit sur votre crédulité, qui fanfaronne au moindre succès ? Laisse-moi ricaner, mon pauvre Marc ! continua-t-il en empoignant son assiettée. Nous n'avons rien en commun. Il manque de distinction, de politesse, de retenue aussi. Comment pourrais-je supporter quelqu'un qui se repaît de mes victuailles et s'amuse de ce larcin ? »
Une nouvelle fois, les cris d'orfraie de ses amis firent penser à Gordon qu'il s'était montré trop rigide. Des haussements de sourcils réprobateurs dans le réfectoire ramenèrent le volume sonore à un niveau acceptable tandis qu'ils choisissaient une bonne table. Pendant de longues minutes, ses amis tentèrent de raisonner Gordon quand Marc revint à la charge :
« Tu sais, je vais finir par m'imaginer qu'il a juste quand il dit que tu nous fais une crise de jalousie.
Un long silence suivit l'intervention pendant lequel Gordon, les yeux écarquillés et un peu humides, ne cessa de le dévisager avec un émoi non feint, voulant percer sur ses traits le sens de ce qu'il venait de dire. Les autres, muets, observaient tantôt l'un tantôt l'autre.
- Parce que tu lui as parlé ? finit par s'enquérir Gordon, le souffle court.
- Eh bien, oui si tu veux tout savoir, répondit Marc avec un mélange d'indisposition et d'assurance. Il ne me semble pas que j'ai cossigné à tes côtés un contrat d'amitié exclusive et je ne vois pas pourquoi je devrais me priver pour ménager tes bonnes grâces. Pour ne rien te cacher, Zacharie devient populaire et je le trouve personnellement très drôle.
- Mais qui parle de popularité ? fulmina Gordon. Ce type est un imposteur. Il a une arrogance de paon, mesure son excellence au prix des connaissances qu'il me subtilise et bientôt des amis qu'il me vole. Et tu voudrais que je tende encore l'autre joue ?
Marc mit brutalement fin à l'accrochage. Assis en face de son meilleur ami, il se leva d'un bond et proclama :
- Ben tu vois, tu ferais bien de rester seul dans ton ermitage parce que je crains qu'avec un tel manque de latitude et une incapacité si manifeste à savoir rire de toi-même, la vie finisse par t'être insupportable au contact des autres »
Après avoir fusillé Gordon du regard, il prit son plateau d'une main ferme et avança d'un pas lourd, l'air furieux, vers une table à moitié cachée par des paravents. Zacharie y déjeunait avec d'autres personnes de la classe qui étaient devenues ses groupies. Outré, Gordon prit la direction de la plonge, l'appétit coupé, et sortit de la pièce. Personne ne fit un geste pour le retenir. À la table de Zacharie et Marc, un fou rire communicatif semblait s'être emparé des convives. De loin, on parvenait à distinguer qu'il était question d'animaux troglodytes, de petits garçons proprets et de régions désolées d'Amérique du Nord.


***


Deux mois avaient passé depuis le rebondissement de ce midi à la cantine du lycée. Zacharie confirmait son ascension et était devenu, ainsi qu'il l'avait annoncé, un rival sérieux. Aussi généreusement pourvu que Gordon sur le plan intellectuel, la classe avait pu découvrir ébahie qu'il était primé du Concours général, poète à ses heures perdues, qu'il avait déjà rédigé un essai politique global, parlait la langue des signes et possédait une impressionnante collection de dés à coudre. Il avait réussi à gagner l'affection de ses pairs et sa présomption lui était de plus en plus facilement excusée au titre de ses mérites. Gordon voyait s'éloigner doucement ses amis, attirés irrésistiblement par le phénomène. Marc et lui ne s'étaient plus adressé la parole depuis ce jour. Pierre, Solène, Béatrice, Pietro et les autres avaient pris leurs distances des déclarations sulfureuses de leur ami et ne le voyaient plus guère qu'à la sortie du lycée, au moment de se mettre en route pour la gare. À l'inverse, on les voyait assez régulièrement affairés avec Zacharie, le verbe toujours entraînant lorsqu'il s'agissait de pavoiser et certainement de dénigrer son opposant. Gordon prenait conscience que la seconde prophétie formulée par l'Imposteur comme il l'appelait, se réalisait sous ses yeux. Il avait transformé ses amis et surtout l'opinion qu'ils se faisaient de lui, le tournant en dérision, renversant les qualités pour lesquelles il était apprécié en défauts pour lesquels il se faisait conspuer, devenant par là même plus aisément le centre de toutes les attentions. On se désolidarisait de lui et il s'estimait victime d'une escroquerie : Zacharie n'était rien et n'avait rien de plus que lui. Sa tentative de faussaire avait simplement consisté à grossir le trait, à mettre un coup de projecteur sur ce qu'il ne parvenait pas à discipliner chez lui et à en accuser un tiers, plus exemplaire, pour s'en défausser. Bien qu'il reconnaissait que le coup de poker avait été sournoisement bien joué, Gordon était malheureux de cette situation. Il relativisait dans les moments d'entrain. Dans les moments plus sombres, il bouillonnait de cette chausse-trappe sur laquelle il avait inconsidérément marché et qui était sur le point de faire de lui un paria un peu trop lisse et convenu pour être fréquentable. Même Alix n'était plus si encline à s'émerveiller devant son héros de naguère et il lui avait fallu insister pendant quatre jours, à coups de SMS passionnés, pour avoir une entrevue avec elle, à l'extrémité du bâtiment rectangulaire, proche d'un exit rarement emprunté. De massifs parpaings étaient posés dans un alignement monolithique et ils s'assirent dessus, adossés aux murs noirs de pollution de l'établissement. Gordon, las, faisait des efforts désespérés pour ne pas laisser éclater sa rage. Alix lui rebattait les oreilles depuis un quart d'heure, lui parlant abondamment des qualités de Zacharie, de ses exploits sportifs bien évidents au vu de sa carrure, de son charisme fou. Lorsqu'elle se mit à évoquer le sens de la répartie du jeune homme, Gordon la coupa sèchement :
« Il ne t'est pas venu à l'idée que j'ai supplié ce rendez-vous pour entendre parler d'autre chose que de Zacharie ?
Alix eut un mouvement de recul devant son agressivité. Elle parut d'abord prise de remords, les lèvres pincées comme une agrafe joignant deux fichets. Elle finit par dire, ragaillardie :
- Très bien. Alors de quoi veux-tu que nous parlions ?
- Oh ! Je ne sais pas trop, fit mine de réfléchir Gordon. De nous peut-être, ajouta-t-il les dents serrées et l'œil mauvais.
Alix n'en croyait pas ses oreilles. Triomphante, elle savourait cet instant qu'elle avait dû vivre et millimétrer des centaines de fois dans sa tête. Il lui servait sur un plateau l'occasion de lui reprocher enfin le soudain intérêt qu'il lui portait. Ce savon lui procurait un immense plaisir :
- Tu ne manques pas de culot, le corrigea-t-elle. Il n'y a pas encore si longtemps, je n'avais pas l'impression de faire partie de tes priorités. Et maintenant que deux coqs cohabitent dans le même poulailler, tu reviens séduire la chair fraîche qui t'était acquise pour t'assurer qu'elle n'aille pas batifoler ailleurs...
- Oh ! Mais je t'ai toujours porté beaucoup d'estime et d'attention, répliqua Gordon avec une mauvaise foi flagrante. Seulement, je le fais avec infiniment de tact, de précaution et de discrétion.
- Ah ! Ben ça, c'est vrai. On ne s'en aperçoit pas ! rétorqua-t-elle, mordante.
- Ne sois pas si dure, reprit-il, le rouge lui chauffant les joues. J'en conviens le premier : j'ai besoin de me sentir aimé en ce moment. Conséquemment, il referma sa main sur celle d'Alix. Je ne veux pas que tu penses que je suis...
Il marqua une pause et tenta de se souvenir des paroles prononcées par Alix. Son visage blêmit. D'un timbre de voix évanoui, il demanda :
- Qu'est-ce que tu entends par 'deux coqs dans le poulailler' ?
À son tour, Alix devint livide. Elle savait que Gordon serait réceptif à son sous-entendu. Après tout, il était d'une finesse étonnante pour un garçon. Sans avoir besoin de s'expliquer davantage, elle raconta d'un trait, subitement captivée par l'aspect d'un minuscule caillou de la cour de récréation :
- Nous nous sommes rencontrés tout à fait par hasard au Dostoïevski, ce bar à la mode sur la Place des Citronniers. Il m'a offert à boire un verre et nous avons dansé. C'est un cavalier hors-pair, tu sais. Il joue du sax comme personne et mange végétarien. Il m'a plu et nous nous sommes embrassés. Après tout, je n'ai jamais été qu'une potentialité pour toi. Je t'ai attendu sagement trop longtemps. Aujourd'hui, je sais ce que je veux et plus encore, ce que je ne veux pas.
À mesure qu'elle parlait, la paume de Gordon se refermait comme une pince sur la main d'Alix. Il l'enserrait comme un étau eût maintenu une pièce de métal au point de lui broyer les phalanges. Alix finit par hurler de douleur puis il lâcha prise. Il ne pouvait pas la regarder. Voilà pourquoi elle avait accepté le rencard : pour trouver la force d'y mettre un terme. Gordon allait se lever quand il reçut un poids sur la tête qui le fit se rasseoir et l'étourdit quelques secondes. On venait de jeter quelque chose par la fenêtre d'un des étages et Gordon l'avait reçu sur le crâne. Il ne souffrait pas mais était trempé jusqu'aux os. Sa chemise et son pantalon en jean avaient d'énormes taches et ses cheveux ruisselaient d'eau. À ses pieds, il ramassa ce qu'il avait au préalable pris pour la baudruche qui avait renfermé le liquide. En l'examinant de plus près, il comprit qu'en fait de ballon, il s'agissait d'un préservatif qu'on avait gorgé d'eau avant de le nouer. À le voir dans cet état, l'objet à la main, Alix ne put réprimer un petit rire nerveux que Gordon, excédé par l'affront qu'il venait d'essuyer auparavant, mal interpréta. Il s'enfuit dans les toilettes pour essayer de se sécher et pour éviter de commettre ce que ses principes de gentilhomme condamnaient comme une injure impardonnable faite à la galanterie qu'il devait au sexe faible. Son entrée dans le cours suivant déclencha de vives réactions. Le visage fermé, il encaissa les remarques et les moqueries chuchotées, parfois même par certains de ses amis. Dans le train qui le ramenait chez lui, son téléphone portable vibra. D'un numéro qu'il ne connaissait pas, il reçut un SMS qui disait : « Rien de mieux qu'une douche écossaise pour comprendre qu'on a tout perdu »


***


Aussitôt rentré chez lui, Gordon gravit quatre à quatre les marches de l'escalier en colimaçon qui menait à sa chambre. À peine eut-il le temps de répondre à sa mère, inquiet de ses agissements :
« Mais enfin, Gordon, que se passe-t-il ? Tu es souffrant ?
- Non, mère, ne vous faites aucun souci pour moi, répondit Gordon en y mettant toute sa conviction. J'ai besoin de solitude pour travailler mes leçons en retard, ajouta-t-il en verrouillant la porte de sa chambre. Je ne dînerai pas. Prévenez père qu'il est inutile qu'il me dépose au lycée demain matin »
Cloîtré dans sa chambre, Gordon s'isola du monde en éteignant l'ordinateur resté en veille et en tirant les grandes tentures brodées qui lui servaient de rideaux. Balayant à l'aide de son avant-bras les papiers et bouquins qui s'entassaient sur le bureau, il craqua une allumette pour donner vie seulement à une chandelle aux lueurs valétudinaires. Son corps rugissait, comme éviscéré à vif, alors qu'il dépeçait un paquet en cartons pour en extraire des feuilles blanches. Il ne cessait de penser à Zacharie. Il était là, né dans son imaginaire et infusant dans les moindres recoins de son être à la manière d'un poison virulent. Les mains de Gordon tremblaient de haine, agitées frénétiquement par un cocktail chimique qui se déversait en lui à la vitesse d'un cheval fou lancé au galop. Elles finirent par se saisir d'un pakerman en argent dont les reflets à la lumière rappelaient la virginité d'une lame immaculée qui n'aurait jamais servi. Gordon était animé d'une fureur meurtrière. Il avait les mains moites, ressentait palpiter en lui tous ces sursauts animaux que sa noble extraction lui commandait de tenir prisonniers. Que n'aurait-il pas donné pour une bagarre avec Zacharie à cet instant ? Il posa vigoureusement la pointe de sa plume sur la page. Immédiatement, une encre rouge sang brillante inonda le papier au point de contact, donnant illumination à ses coupables fantasmes. De la sueur perlait de son front, son visage était contracté dangereusement et ses mâchoires paraissaient étroitement scellées, déchiquetant une pauvre bête. Il maugréait des paroles presque inaudibles et les écrivait au fur et à mesure, maniant la plume telle une arme, employant une force à la limite de la briser :
« Rustre ! Cuistre ! Immonde cafard ! Penser pouvoir me surpasser, n'est-ce pas ? … Tu n'es rien ! Puisse le Ciel te réduire en poussière! »
Sa fine écriture rouge sur le parchemin suggérait avoir laissé de profondes entailles sur une peau humaine. Son vocabulaire devenait blessant, ses intentions inavouables.
« Je te haïs. Je t'exècre. Sale cancrelat ! Pâle copie ! Arriver ainsi et se croire tout permis. Défier ma grandeur avec une telle présomption. Penser que si jeune, on peut dominer le monde ! Futur despote ! »
Les gestes qu'il exécutait sur le papier étaient de moins en moins coordonnés. La douleur l'aveuglait. Le stylo-plume qui courait sur le support était devenu un purgatoire. La rancœur et la détestation qu'il éprouvait à l'égard de Zacharie lui consumait les entrailles. Sa main était brûlante et déchargeait toujours plus vite son flot ordurier.
« D'abord mes amis. Marc, espèce d'enflure ! Solène, lâche pécheresse... Tous séduits par le monstre... Le gourou ! C'était... mon... public à époustoufler. Voleur ! Sangsue ! Vendu ! Alix... La faiblesse... hystérique. L'appel de la chair. Pauvres êtres fornicateurs ! Infernaux Eve et Adam ! Ma... promise... Alix, pas toi ! »
La feuille était à présent déchirée par endroit, comme soumise à la torture. Elle s'était bosselée en des taches humides où s'étaient écrasées des perles de sueur ou des larmes. Accentuant une dernière fois la force du fuseau de plume sur la page, il marmonna et écrivit, à bout de souffle, dans un état proche de l'accès de folie :
« Ça... passera pas... Pas laisser un crime... impuni... Erreur de l'existence ! Comme mes ancêtres... À la loyale... Jeter mon gant... Un duel ! Sur le pré... Et mon vœu, Monsieur, est de vous survivre un peu ! »
À ces mots, la pression exercée sur la plume fut si intense qu'elle se cassa en deux, projetant dans les airs un liquide rouge. Gordon, usé, tomba sur sa feuille en ayant juste le temps d'éteindre la chandelle d'un souffle.


***


Krrrrrr... KrrrKrrkkrr... Ziouiiiiouuuu... Krrrr....
« … quoi la manucure est le soin le plus apprécié des femmes quand il s'agit de plaire !
- Merci Myriam ! Vous écoutez Radio Société, il est onze heures ! Nous commençons notre flash info de la matinée par ce drame survenu plus tôt au lycée Dante-Alighieri de Paris. Un élève âgé de dix-sept ans s'est défenestré depuis les laboratoires de physique situés au quatrième étage. Il est actuellement entre la vie et la mort, pris en charge à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière. Une enquête a été diligentée pour déterminer les circonstances exactes qui ont conduit l'adolescent à commettre cet acte désespéré. Les premiers éléments semblent expliquer qu'il n'aurait pas supporté la concurrence d'un autre étudiant, arrivé en cours d'année. Ces indications sont corroborées par les témoins de la scène qui relatent que le jeune homme, en grand besoin de reconnaissance, aurait crié 'lycée Gordon-Parent' avant de se jeter dans le vide. Plus de précisions dans notre édition de onze heures et demie... »
Clac !
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Contre le harcèlement à l'école
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