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 [Warner] Sucker Punch (2011)

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Serleena



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MessageSujet: [Warner] Sucker Punch (2011) Sam 2 Avr 2011 - 16:50

Je vois qu'il n'existait pas de sujet pour ce film alors je me décide à en créer un - s'il faut que l'on poste critiques et longs débats sur les théories de chacun, autant que l'on puisse s'étaler allègrement sans trop faire de hors sujet! Il y a des chances que le sujet soit plus intéressant pour ceux qui ont déjà vu le film mais tâchons de ne pas oublier nos amies les bannières "spoiler" pour ceux dont ce n'est pas le cas! Wink

Donc, Sucker Punch, film américain de Zack Snyder, distribué par la Warner Bros et sorti chez nous le 30 mars 2011.


Synopsis: Dans les années 50, Babydoll, une jeune femme de 20 ans, se voit enfermée de force par son beau-père dans un asile psychiatrique où elle apprend très vite qu'il ne lui reste que cinq jours avant d'être lobotomisée de force. Elle décide donc de s'échapper à l'aide de quatre autres femmes: Sweet Pea, Rocket, Amber et Blondie.
Pour cela, elle s'invente un univers fantastique peuplé de samouraïs, de robots et de dragons qu'il leur faudra combattre pour obtenir les cinq éléments-clés nécessaires à leur liberté...

Durée: 1h50

Casting: Emily Browning (Babydoll), Abbie Cornish (Sweet Pea), Jena Malone (Rocket), Vanessa Hudgens (Blondie), Jamie Chung (Amber), Carla Gugino (Dr Gorski), Scott Glenn (le sage), Oscar Isaac (Blue), et Jon Hamm (High Roller),...

Genre: Action, Drame, Fantastique, Science-Fiction,... de par son pitch, le film évolue dans des univers très différents allant du film de guerre historique à de l'héroic fantasy sans difficulté.

Quelques affiches pour vous mettre en bouche:






Alors vos avis, critiques, théories?
(Les miennes suivront bientôt!)



Dernière édition par Serleena le Dim 3 Avr 2011 - 19:28, édité 1 fois
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jonathan1985



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Sam 2 Avr 2011 - 21:50

Je me suis embêté ... mais embêté... Pourtant l'introduction est brillante et le visuel comme d'habitude avec Snyder très léché. Mais le reste du film n'est qu'une succession de parties de jeux vidéos qui donnent le tournis au service d'un scénario vraiment faiblard. Les actrices sont là pour émoustiller les geeks à coups de mini jupes et tenues d'écolières....

Ma conclusion: Au final, Sucker Punch est une autre exploration des rêves,
plus bourrin et moins recherché qu'Inception et moins poétique que La
Science des Rêves, calibré pour plaire au public masculin (ah les
mini-jupes virevoltantes et les plans de poitrines suintantes...) et
aux moins regardant sur le scénario.

Mon avis complet! http://www.hollywoodandco.com/article-critique-sucker-punch-70679266.html
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Eaël



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Dim 3 Avr 2011 - 4:43

Bon... ça y est... après 24h de digestion, j'ai accouché d'une critique... La père se porte bien (un peu crevé, remarque, après 4h d'écriture!) et l'enfant aussi (enfin, ça, c'est à vous de juger!). Et justement, à propos de l'enfant... c'est un (très) gros bébé, comme vous pouvez le voir... Laughing

Eaël, l'incorrigible bavard a encore frappé... Embarassed
(Là, j'ai peut-être vraiment abusé... pale )

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INTRODUCTION
Ce qui fait pour moi la différence fondamentale entre le cinéma Américain et le cinéma Français, et ce qui fait que j’adore le premier et apprécie beaucoup moins le second, c’est l’imagination.
Le cinéma Américain en a fait sa matière première ; le cinéma Français est prosaïque, sans fantaisie, terre à terre. Attention ! Je sens venir d’ici l’indignation de mes camarades cinéphiles ! Bien sûr qu’il y a des exceptions… mais je maintiens qu’elles ne font que confirmer une règle. Si on exclut des réalisateurs un peu créatifs et originaux comme Michel Gondry ou Jean-Pierre Jeunet, le cinéma Français reste fidèle à l’esprit de notre culture national : le Français peut se montrer romantique, il peut se montrer drôle (notre spécialité me semble être les comédies !), mais l’imagination lui fait défaut ! Le Français ne décolle pas du sol ! C’est comme ça depuis des siècles ; déjà, en littérature, aux XVIIIe et XIXe siècles, alors que nos camarades allemands et anglais écrivaient déjà des histoires fantastiques, des contes gothiques, des histoires qui transcendent la réalité et s’illustrent dans le Romantisme triomphant, les écrivains français, eux, exerçaient leur sensibilité romantique dans le plus improbable des contextes : la réalité. « La vérité, l’âpre vérité » cite Stendhal pour ouvrir son roman Le Rouge et le Noir. Il a tout dit ! Nos films actuels sont les héritiers directs de cet attachement à la vérité, à la réalité. Manque de moyens pour faire plus fantaisiste ? Possible aussi. Mais pas que, je pense (Gondry fait du fantaisiste avec peu de moyens!).
Qui peut le plus peut le moins. Le cinéma Américain, s’il se montre si souvent créatif, ouvert à l’imaginaire, à l’originalité, au fantastique, sait aussi se montrer réaliste voire cru. Mais pas dans le cadre du film dont nous sommes amenés à parler ici !

Sucker Punch est un film qui laisse une immense place à l’imagination. Il nous emporte dans des univers brassant des références a priori inconciliables. Il butine d’univers en univers et repait nos âmes en mal d’évasion d’un miel créatif absolument délicieux. Mais le film ne fait pas que mobiliser l’imagination pour raconter son histoire ; mieux que cela, ce film est une ode à l’imagination, une apologie de la créativité, une incitation au rêve et à l’évasion par l’autosuggestion ! Alors, je ne sais pas pour vous, mais moi, un film qui se donne pour mission de transmettre un message aussi noble et aussi beau, un film qui revendique fermement que, de temps en temps, il faut savoir dire "merdre" à la réalité et se laisser sauver par son esprit et sa puissance créatrice, je signe tout de suite !

Il suffit de voir un film de Zack Snyder, et on a déjà compris tout ce qu’il faut savoir sur lui. Pour moi, cet unique film, ce fut 300. Je ne suis pas là pour en faire la critique, même si un débat général sur la carrière de Snyder serait intéressant. Malgré ses défauts certains et des choix que je n’ai pas forcément approuvés, 300 fut pour moi une formidable expérience, intense en émotion et ce film m’a prouvé que l’adaptation de mon chef d’œuvre de cœur, L’Iliade pourrait finalement être adaptable, contrairement aux tristes conclusions que j’avais tirées suite au calamiteux Troie de Wolfang Petersen. Bref, j’avais adoré et j’avais reconnu le génie d’un visionnaire, la maîtrise effrayante d’un metteur en scène sur l’univers qu’il manipule, une minutie stupéfiante dans la gestion des détails, une fluidité évidente dans l’enchaînement des actions, un souffle épique parfaitement instillé qui témoignait de l’intelligence et de la clairvoyance de l’homme derrière la caméra !
Cela fait des années que j’espère voir Watchmen. Je compte passer à l’action prochainement. En tout cas, la conclusion est facile à tirer ; Snyder est un maître de l’ambiance, un poète de l’image, un réalisateur perfectionniste aux allures de démiurge, un artiste qui a su tirer tous les profits de la post-production tout en évitant assez habilement ses écueils.

Je ne vais pas résumer Sucker Punch. C’est déjà fait plus haut.
Le film s’articule autour de séquences imaginaires qui vont ponctuer l’histoire. Quatre grandes séquences à la créativité vertigineuse. Sur les affiches promotionnelles, ces différents univers, très variés, sont représentés. Le tout forme une sorte de « best of », de « catalogue » quasi-exhaustif de ce que peut proposer l’univers « geek » au sens large du terme, à savoir :
- Le manga
- Le steampunk
- L’Heroic Fantasy
- La Science Fiction.
Ces quatre grands pôle de l’imaginaire culturel ont chacun leur propre « tableau », mais tout le plaisir est dans leurs interférences, dans l’audace de Snyder qui est de les confronter, de les croiser sans aucun complexe, sans craindre l'anachronisme ou l'absurde, sans scrupule, s’appuyant de tout son poids sur la licence, fort commode, du rêve, de l’imagination pure ! Tout est possible, car tout cela est dans notre esprit ! Au diable le réalisme! Au diable cette cohérence qui demeure même dans les récits les plus fantaisistes ; aucun interdit, aucune concession à la réalité !
Sur les bases de cet univers Geek (si à la mode, depuis quelques temps) très revendiqué et sur laquelle la promotion s’est allègrement appuyée, Snyder met au service de son histoire (son histoire, car, comme vous le savez peut-être, il s’agit de son premier scénario original) tout le talent visuel et scénique qu’on lui connaît et que j’ai décrit plus haut. Les séquences tenant du « normal », du « sobre », de la « réalité » sont très peu nombreuses, quasi inexistantes, elles sont réduites à l’état de transition dans les premières minutes du film, suite à l’introduction. Tout le reste tient d’autre chose. Ce traitement imaginaire s’articule autour de deux grands styles de mise en scène, deux grandes familles de narration visuelle :
1) Le clip musical
2) Le jeu-vidéo
C’est avec ces deux méthodes, ces deux approches que nous allons vraiment entrer dans le vif du sujet et aborder le film !

Mode de narration 1 : le Clip Musical
Le ton est donné dès l’introduction. Le film va prendre fortement appui sur la musique et va même se calquer sur elle (ou alors, l’adapter à lui). L’introduction est un véritable clip musical. Ni plus, ni moins. Absence de paroles, mise en scène digne des films muets (l’absence de paroles provoque une surenchère dans la gestuelle et les expressions du visage), succession rapide de plans au sens explicité par des effets divers, etc.
Je vais essayer d’être clair, c'est-à-dire de bien différencier ce que je pense être un fait, et ce qui tient de mon avis très personnel.
Les faits : C’est une introduction très puissante, qui démarre l’histoire au quart de tour, où les émotions déferlent sur le spectateur et ne lui laissent pas le temps de se retourner. C’est un poème visuel et musical, une complainte d'exposition qui établit toutes les bases psychologiques, fragiles et douloureuses, de ce film névrosé. C’est une véritable démonstration incontestable du génie de Snyder dans l’utilisation des détails, dans la gestion des transitions, dans la manipulation des effets d’insistance que sont les ralentis ou les mouvements de caméra. C’est un travail d’orfèvre, chirurgical, mais qui ne sacrifie pas l’émotion à la précision.
Mon avis personnel : Au-delà de ce talent, il y a la gêne que j’ai ressentie. Je n’ai pas grand mal à l’analyser et je reconnais tout à fait que le problème (si problème il y a) vient de moi. Je n’ai pas trop aimé cette introduction. Au-delà de l’admiration que je ne peux qu’avoir pour Snyder devant ses compétences certaines, je n’ai pas trop apprécié cette façon d’aborder l’histoire tragique de Baby Doll.
Déjà, je déteste quand un réalisateur transforme des scènes de son film en clips. Ce sont pour moi deux formes narratives différentes et cela me dérange toujours de voir le Clip (que j’associe à la musique, à la télévision, à la vitrine commerciale des chanteurs) s'immiscer dans un film, cela me laisse toujours imaginer que le réalisateur tombe dans l’écueil, dans la faiblesse de cajoler le public qui passe son temps devant MTV.

Les films Twilight (que je déteste cordialement mais que je prends un plaisir masochiste à regarder avec ironie) abusent de ce procédé d’intrusion du Clip musical à la MTV en plein milieu du film ! Des digressions musicales durant lesquelles l’histoire se suspend totalement pour laisser un chanteur de pop branché pousser sa chansonnette et le réalisateur se contente d’accompagner approximativement le morceau avec des plans plus vides de sens qu’à la normale, réduits à une fonction purement esthétique où un lieu commun en chasse un autre).

J’étais déconcerté de voir Snyder tomber dans là-dedans. Mais j’ai bien conscience que si cela m’a tant dérangé, c’est seulement parce qu’à la base, j’ai un problème avec le principe du clip, ou plutôt, la façon dont il est mis en scène dans 90% des cas.
C’est là que j’en viens à la suite de mon développement là-dessus. Puisqu’il s’agit d’un clip, et donc de musique, de quel type de clip/musique parle-t-on ? Je suis bien trop ignorant dans le domaine de la chanson pour expertiser le remix de Sweet Dream qui nous est proposé. Mais ce qui est sûr, c’est qu’en voyant ce clip introductif, tout un tas de (mauvais) souvenirs liés à des clips sont remontés à la surface et donc, à cause de ces codes qu’il m’a semblé reconnaître, de ces similitudes, j’ai fait le lien, je me suis piégé dans un amalgame qui a accru ma gêne. L’orage qui gronde, les scènes de violence filmées avec des effets très insistants, les émotions exacerbées, la jeune fille fragilisée, persécutée, en larmes, recroquevillée sur son lit, la souffrance extrême qui suinte dans chaque plan, l’élastique de la pose tragique, tiré jusqu’à ses extrêmes limites, au bord de l’éclatement. Bref, tout cela m’a rappelé des clips que j’ai vus et vite détestés pour leurs excès alors que l’intention, l’idée de base, le romantisme et la sensibilité dont cela devait témoigner avaient tout pour me plaire ! Mais j’avoue avoir été exaspéré, entre autres, par les clips d’Evanescence qui accumulaient les lieux communs, en faisaient des tonnes et usaient ses effets à force de les surligner. Le meilleur est l’ennemi du bien. Tout cela n’est que mon humble avis, et loin de moi l’envie de heurter les convictions des fans. C’est juste que chez moi, cela ne passe pas, et forcément, comme il m’a semblé retrouver des codes, j’ai eu beaucoup de mal avec cette introduction dont je reconnais pourtant toutes les qualités esthétiques !
L’introduction restera le moment le plus proche d’un clip musical ; néanmoins, le clip ne sera jamais loin durant tout le film, il restera présent tout le long de l’histoire, il sera un des ressorts principaux des grandes scènes de bataille. Tout s’appuie sur la musique qui enclenche les phases épiques, qui les accompagne et les rythme et puis se charge de les conclure. Mais une deuxième « force » intervient et vole la star au clip…

Mode de narration 2 : le jeu-vidéo et ses codes omniprésents
Passé donc l’introduction et les scènes d’exposition, on entre dans le vif du sujet. Dès la première phase « imaginaire » de combat, il ne faut pas très longtemps pour reconnaître que l’inspiration principale de ces séquences en matière de mise en scène est le jeu-vidéo. Bien sûr, cela fait déjà quelques années que le cinéma s’inspire du jeu-vidéo pour chorégraphier ses scènes de combat ; Matrix a bien ouvert la voie et on sait à quel point beaucoup se sont infiltrés dans la brèche, jusqu’à l’indigestion, car souvent avec trop de peu de subtilité et une sur-utilisation d’effets qui ont fini par perdre de leur prestige, comme le ralenti !
Sauf qu’ici, non seulement l’empreinte du jeu-vidéo se sent dans la mise en scène et les effets, mais elle va jusqu’à contaminer tout l’univers dans lequel les personnages évoluent et même la narration, l’enchaînement des actions. Le principe de Boss qu’il faut battre ou de la mission déterminée qu’il faut accomplir au prix d’une lutte éprouvante contre des sbires à foison qui sont là pour nous barrer le chemin. Je ne vais pas m’en plaindre, j’adore ! Les jeux-vidéo sont très difficiles à adapter et c’est un vrai défi de porter à l’écran un type de trame très particulier et propre à ce type de support. Ici, cela fonctionne parfaitement et j’étais ravi de retrouver ces codes que je savoure en tenant une manette en mes mains. Ici, je n’avais qu’à contempler le spectacle (alors, oui, du coup, une bonne partie du plaisir du jeu-vidéo est normalement d’être actif et non passif, justement, mais bon…).

Un film cathartique : l’extase de tous les possibles
C’est le point fort de ce film, non pas son unique raison d’être ou l’unique raison de l’aimer, mais vraiment ce qui le rend si singulier, ce qui rachète complètement les quelques clichés ou facilités dont on peut l’accuser. C’est ce qui fait son identité, sa patte, ce qui parvient à rendre l’expérience de ce visionnage unique et nouvelle alors que nous sommes en 2011 et qu’il devient si difficile de proposer des choses vraiment inédites et surprenantes au public.
Grâce à cette inspiration du jeu-vidéo et des divers univers que la culture Geek peut fournir, le film propose un voyage dans des mondes variés et à l’ambiance très marquée. La violence est très esthétisée (ça, on commence à avoir l’habitude !) et rendue plus soft par l’absence de sang. Le but n’est pas le gore et Snyder évite ainsi tout malentendu. Il s’agit d’une lutte acharnée et cathartique, il s’agit d’un défouloir grandeur nature, d’un cri de révolte qui prend vie sous la forme d’une gigantesque bataille et qui nous emporte dans son souffle épique. Le mélange des mondes, le choc des genres, le grand n’importe quoi qui marque la rencontre entre les hélicoptères, les mécha, les châteaux forts et les dragons est absolument jubilatoire. Les scènes de combat sont d’une cohérence parfaite dans les enchaînements. Cette tension, ce potentiel cathartique est d’autant plus grand que, malgré la nature imaginaire et factice des mondes où on évolue, l’enjeu, lui, est à chaque fois bien réel et essentiel pour le bon déroulement de l’histoire. Ce qui se passe dans le monde imaginaire est un lointain reflet de ce qui se passe dans la « réalité supposée ». La menace de l’échec est bien là, et chaque rebondissement joue avec nos nerfs en mettant en péril la mission dont dépend la réussite de l’évasion tant attendue de Baby Doll de cet endroit infernal qu’est l’hôpital psychiatrique.
Comme je le disais plus haut, grâce à ce prétexte (qui n’est pas qu’un prétexte, mais une vraie revendication, qui fait sens dans le scénario), tout est possible. Snyder ne s’interdit aucun fantasme, aucune lubie. Nous sommes tous le produit du cartésianisme, du discours de la méthode de Descartes qui nous a appris à chercher la raison partout. Snyder chasse d’un revers de la main ces contraintes sans avoir à payer un lourd tribut à une logique trahie, sans avoir à tomber forcément dans l’absurde ; le film garde tout son charisme et gagne même en puissance grâce à cette liberté revendiquée, hurlée, comme une mise en abyme de l’histoire même de Baby Doll qui part à la conquête de sa propre liberté. Aucune limite dans la variété des mondes, et une violence qui, conformément aux vieux préceptes sacrés d’Aristote sur la tragédie, purge le spectateur des frustrations qu’il accumule devant les souffrances des héroïnes et qui suscitent terreur et pitié en nous.

- Esthétisme et mise en scène
Oui, c’est un film tape-à-l’œil, et ça peut énerver !
Oui, ça en fait des tonnes et si vous avez la phobie des ralentis emphatiques, ne risquez pas une crise d’angoisse en allant voir ce film !
Oui, ça frime, ça se la pète, c’est du combat très esthétisé, très chorégraphié et qui semble crier à chaque plan « regardez comme elles sont classes » « regardez comme elles assurent ».
Soit.
Mais Snyder, qu’il l’ait fait exprès ou pas pour échapper aux critiques et gagner l’indulgence du spectateur, réussit à justifier cet excès de « classe » en insistant sur la nature tout à fait fantasmée et imaginaire du monde ! Bah oui, tant qu’à faire, si vous rêvez que vous affrontez un ennemi, je pense que vous allez préférer vous imaginer en train de faire plein de pirouettes majestueuses plutôt que de courir à toutes jambes.
Donc, pour ma part, Zack, je te pardonne ! Va, en paix, mon fils !
Il y aurait beaucoup à dire car c’est un des aspects qui fait l’essence et la grandeur de ce film. Mais je réalise que j’ai déjà tout dit en faisant l’éloge de Zack Snyder, plus haut. Du coup, on peut parfaitement tout appliquer à ce film à ce sujet. Evidemment, cette esthétique qui fait la patte de Snyder se met parfaitement au service du propos, et surtout, des univers que l’on traverse, du décor samouraï à la ville futuriste sur une planète colonisée ; d’une première guerre mondiale ressuscitée et complètement fantasmée au siège Tolkienien d’un grand château sur lequel règne un dragon. C’est, évidemment, le grand point fort du film, mais nous sommes bien d’accord, aujourd’hui où l’on peut tout avec les ordinateurs, le visuel ne suffit pas ; il n’y a pas tant de mérite à le maîtriser ; un film, cela reste avant tout un scénario, un propos, une trame ; le visuel ne fait que se mettre au service de l’histoire. Cependant, il faut admettre que Snyder, dans le domaine des effets spéciaux et de la recherche esthétique, fait beaucoup de zèle et, en cela, se détache largement de tous les autres films de son époque ! Ce n’est pas une esthétique banale, ce n’est pas une simple histoire de filtre bleuté ou verdâtre, comme une fine pellicule sur l’écran, c’est carrément une re-création de la réalité, une réinvention du monde.

- De 300 à Sucker Punch : de la testostérone à l’œstrogène
Le film 300 a fait à la fois beaucoup de bien et beaucoup de mal à Snyder. Avec le temps, le film a pris une terrible aura qui en fait une sorte d’ovni kitch, sans subtilité, gonflé à la testostérone et prônant une virilité caricaturale qui a fini par faire rire plus qu’intimider. Ainsi, Snyder a été catalogué comme un réalisateur pour « mecs », un type irréfléchi qui a produit un film bourrin à peine adouci par une esthétique très travaillée aux teintes sépia.
Quand la promo de Sucker Punch a commencé, les clichés sur Snyder ont été renforcés et nourris. Ce film mettant en scène une bande de nanas blondes ultra-canons, vêtues bien légèrement dans le style écolières, armées jusqu’aux dents, ces amazones, ces walkyries semblaient toutes conçues pour un public masculin accro aux jeux-vidéo et cultivant le fantasme d’une femme conciliant fragilité, vulnérabilité et force, courage, agressivité. Des guerrières sexy. Le message véhiculé semblait clair et sans subtilité : « Mecs transis devant Lara Croft, venez vous rincer l’œil » ; « Filles à la recherche d’un film qui vous fasse vraiment honneur, passez votre chemin ! ».
Mais finalement, c’est le choc ! Pas mal des gars repartent déçus ; ceux qui attendaient du sang et du sexe repartent bredouilles et se sentent arnaqués ! Car il n’y a aucune scène de sexe explicite et il n’y a pas de sang. Le film relève ce magnifique défi d’éviter ces deux éléments trop souvent réunis et servant d’arguments ! De plus, les hommes ont un rôle absent ou négligeable dans ce film. Les gars ne peuvent s’appuyer sur aucun personnage de sexe masculin ! Déjà parce qu’aucun homme ne peut vraiment prétendre à un rôle principal ; les têtes d’affiche sont bien des filles et seulement des filles ! Quant aux hommes (car, oui, il y en a, bien sûr), ils sont 1) Réduits à l’état de second rôle et 2) Ces seconds rôles sont extrêmement négatifs et il n’y en a aucun pour rattraper l’autre.
La grande surprise de ce film, donc, et une surprise très, très agréable pour moi, car cela remet totalement en question la promo du film qui n’en faisait rien de mieux qu’un fantasme de geek en manque de nanas. Finalement, Snyder nous livre une histoire extrêmement troublante car ouvertement féministe. Plus prudemment, j’oserais tout de même dire que ce film est même misandre à bien des égards !
Oui, de même que 300 puait la testostérone, Sucker Punch, qui devait être un film de mecs sous couvert d’être un film de nanas, s’avère finalement puer sérieusement l’œstrogène ! Mais attention ! Ce n’est pas du tout une critique de ma part ! Et au contraire, figurez-vous ! Cela fait des siècles qu’un grand pourcentage de la création humaine est assurée par les hommes (non pas que les femmes aient moins d’idées et d’imagination, au contraire ; c’est juste qu’on vit dans un monde machiste et dégueulasse où les femmes ne sont pas prises au sérieux ! Du coup, les mecs ont gardé le monopole dans bien des domaines). Du coup, c’est toujours une belle revanche de voir qu’après tant d’œuvres, de livres, de films, depuis des années, ouvertement de point de vue masculin, on arrive à trouver des films avec un vrai point de vue féminin, où on se sent vraiment invité dans l’univers des femmes sans que cela tombe dans la vanité ou la superficialité. Le plus troublant dans tout cela, c’est que c’est bien un homme, Snyder, qui est aux commandes de ce film féministe.
Féministe pour 2 raisons

1) Des thèmes propres aux femmes sont particulièrement exploités.
2) De par la distribution des rôles, les femmes se trouvent être les pauvres victimes, les sacrifiées et les seules qui gardent leur humanité.

Les thèmes chers aux femmes sont plantés dès la scène d’introduction, avec des effets de mise en scène très forts. L’instinct maternelle (la petite sœur, l’être plus faible que soi qu’on prend sous sa protection, qu’on aime d’un amour immodéré, et pour lequel on est prêt à se sacrifier) ; et surtout, le traumatisme du viol, à tous les points de vue ; le viol physique, bien sûr, comme dans la suite du film, mais aussi le viol de l’existence, le viol de la liberté. Tout ce mal est incarné justement par un mâle, le personnage diabolique du beau père qui joue ici le rôle ancestral du « grand méchant loup » (à vous de voir si vous voulez le comprendre aussi dans son sens Freudien…), l’homme qui vous domine, vous asservit, abuse de vous. Le beau père n’est pas le seul à porter toutes les tares ; le film enchaîne les clichés masculins écœurants, les portraits violemment misandres ; le beau père manipulateur, violent, cupide et impitoyable ; le directeur d’hôpital psychiatrique tyrannique, outrageant, transformé en proxénète véreux, bref, la figure masculine qui abuse de ses protégées en les contrôlant par la reconnaissance, la gratitude qu’il prétend mériter en leur offrant sa protection, comme dans les romans du XVIIIe siècle où des vieux libertins séquestraient des pauvres jeunes filles ; le cuisinier obèse et libidineux qui se goinfre dans sa cuisine insalubre en jetant des regards malsains sur les filles ; le maire mafieux et bling-bling qui vient se vautrer dans la débauche et regarder les filles comme des poupées, des objets sexuels à sa merci…
Bref, aucun personnage masculin vraiment positif ne ressort de ce film (Hormis "le sage" que je ne compte pas, car je ne le considère pas comme un personnage sexé, plutôt une sorte d'entité neutre qui prend la forme d'un homme). Tous pourris. On nous avait préparés à un film pour les hommes (un de plus…) ; on se retrouve avec un film pour les femmes et contre les hommes. L’homme est l’ennemi juré de la femme dans sa quête de liberté ; il est bestial, égoïste, sans scrupule, obsédé sexuel, colérique et malsain. Les jeunes filles sont des anges, des écorchées vives, des poupées fragiles froissées par des mains indélicates qui n’ont d’autres choix que de prendre les armes, dans le refuge de leur imaginaire, pour reconquérir leur liberté bafouée.
C’est sans la moindre amertume que je dresse ce portrait, je le rappelle ! Je trouve cela bien que le rapport de force auquel on s’est trop habitués (l’homme est le héros par nature, la femme, celle qu’on sauve, celle qui achève son égo et non un égo à part entière) soit ainsi complètement renversé ! L’idéal serait bien sûr un équilibre parfait, mais est-ce possible ? Je l’ignore, mais en tout cas, c’est de bonne guerre ! C’est en tout cas un autre élément qui, pour moi, fait l’originalité, le marque, la nouveauté de ce film pas aussi cliché qu’il ne le laisse paraître sans certains dialogue et dans certains procédés de mise en scène.

- Musique : la grosse imposture
Les binômes réalisateurs/compositeurs sont courants à Hollywood et certains deviennent de vraies institutions ! A commencer par Spielberg/John Williams et Burton/Danny Elfman. Zack Snyder a lui aussi son acolyte musical en la personne de Tyler Bates, déjà présent pour tous ses précédents films.
Alors, là, la musique de film, c’est mon rayon.
Tyler Bates n’est pas un de mes compositeurs préférés. Mais il faut dire que je n’ai pas eu l’occasion de beaucoup l’écouter. Je n’ai de lui que le Score de 300. Une musique très réussie, que j’ai beaucoup appréciée, même si la lassitude n’est pas longue à venir. Pour les parties « classiques », Bates n’avait pas cherché plus loin et s’était « contenté » de faire ce que tout le monde fait depuis que Zimmer a réinventé la musique de Péplum avec Gladiator : des instruments orientaux, des sonorités exotiques et surtout, des chœurs féminins comme surgis du fond des âges ! Et hop, instantanément, dans l’oreille du spectateur, le message passe : nous sommes à l’Antiquité !
Mais l’audace de Bates et ce qui a contribué à faire de 300 l’ovni kitch qu’il est devenu pour certains, c’est d’avoir introduit tout à fait anachroniquement, ces riffs de guitare électrique. J’avais trouvé cela réussi et j’avais assez bien accepté l’idée, mais je ne vais pas m’étendre là-dessus.
Donc, j’étais assez impatient de retrouver Tyler Bates dont j’avais apprécié les compositions.
Avant de voir le film, je prends les devants et me renseigne un peu sur ce que nous réserve ce Score. Et justement, mon premier choc fut de constater que cela tenait davantage de l’album compilation que du Score. Je lis cependant que les chansons 1) Sont réarrangés exprès pour le film, par Tyler Bates 2) Ont un véritable rôle narratif de par leurs paroles.
Je reste néanmoins vexé par cette découverte et très sceptique, je prie pour que Snyder ait réussi à se frayer un chemin instrumental de qualité dans cette bouillabaisse de tubes. Je l’ai souvent dit, je n’aime pas les chansons et encore moins celles qui font office de BO à ce film. Sweet Dream est peut-être celle que je supporte le mieux, et encore, j’ai l’impression d’en être lassé avant l’heure. Quant à White Rabbit, pas du tout mon style à la base, le genre de chansons (Jefferson Airplane) sauce hippie à la gloire de la drogue que j’exècre ; sans compter Bjork dont je ne supporte pas les chansons et le remix de Where is my mind qui m’a fait perdre toute l’indulgence que je pouvais avoir pour le morceau original tel qu’il figure dans l’excellent final de Fight Club.
Bref, c’était mal barré pour moi ; et d’autant mieux parti pour la majorité du public qui, je le sais, vénère ces chansons et se damnerait mille fois plus pour elles que pour n’importe quel morceau d’un compositeur de musique de film ! Chacun son truc, comme on dit ! Comme je l’ai souvent dit, volontairement avec verve, j’aime bien quand les gens ferment leurs gueules et laissent la magie des instruments opérer. Ces voix qui ne se taisent jamais sont pour moi un barrage à toute émotion et à toute vraie mélodie.
J’ai été très attentif durant le film. Entre les morceaux chantés, je guettais les passages instrumentaux, j’attendais des envolées épiques à la hauteur de ce que je contemplais sur l’écran, mais rien. Ou plutôt, si, quelque chose, mais impossible d’identifier un thème qui se démarque, une mélodie, des sonorités cohérentes, un tout harmonieux. Rien de la sorte. Juste un assourdissant hurlement de guitares électriques complètement enseveli sous un gravas de bruitages pétaradants et un désagréable effet de saturation dans les enceintes, comme si le cinéma avait mis (encore) le son trop fort et que la musique en devenait inaudible et impossible à analyser, réduite à une bouillie sonore informe qui agressait les oreilles au lieu de les flatter ! Bref, un sacré fiasco où seuls les chanteurs/chanteuses avaient le droit à un traitement honnête.
J’étais très déçu ; je mettais cela sur le compte d’un son calamiteux qui n’aurait pas mis en valeur les compositions brillantes de Snyder (j’avais réussi à repérer deux-trois moments sympas). Et j’avais donc hâte d’écouter l’album tranquillement chez moi.
Je me passe l’OST et quand c’est fini, je suis affligé. Je n’ai pas rêvé, il y avait des moments sympas durant le film, ce qui laissait supposer, parmi ce parasitage de chansons, une composition sympathique. Mais ces sales petits criminels de superviseurs de la musique ont jugé plus intelligent de « biffer » littéralement la plupart des parties instrumentales et de rallonger outrancièrement (beaucoup de passages n’étaient pas dans le film) les morceaux chantés. Je suis dépité par cette BO dont je n’ai rien à tirer ! Il y avait peut-être des choses biens, mais encore un Score qui a été sacrifié sur l’autel du commercial, comme beaucoup d’autres avant, au détriment du travail du compositeur !
Alors, ok, je ne peux que reconnaître une cohérence entre les chansons et ce qui se passe à l’écran, tout cela est le fruit d’une vraie réflexion du réalisateur et non d’une bande de types qui veulent juste vendre des CD, pour une fois! (D’ailleurs, l’hôpital psychiatrique est le « Lennox Hospital », qui doit sans doute faire référence à Annie Lennox) Mais où est cette partition épique, ces instruments qui pouvaient fournir au film tout son souffle ? J’appelle cela une belle imposture ! Mais je sais que je serai seul à ressentir cette déception !

- Dualité du scénario : le grand vide OU un dédale à la Nolan ?
C’est une question qui est au centre des critiques et qui à mon avis est l’essence de ce qui divise radicalement ceux qui ont aimé et ceux qui n’ont pas aimé.
Car, assez régulièrement, le reproche de ceux qui n’ont pas aimé est le suivant : « Beaucoup de tape à l’œil, mais rien derrière ».
Ceux qui ont aimé ont tendance à dire : « Magnifique visuellement, mais d’autant plus car c’est profond scénaristiquement. »
Alors, scénario de pacotille ou faux blockbuster écervelé qui cache une intrigue complexe ?
Je ne détiens bien sûr pas la vérité. Mais j’ai évidemment mon idée personnelle sur la question.
J’ai passé les trois quarts du film à me dire :
« Assurément, Zack Snyder est un visionnaire, un génie du visuel, un maître du spectacle épique qui essore votre âme de toutes vos émotions ; c’est un excellent réalisateur, mais ce n’est pas un scénariste ; il se contente d’un postulat qu’il pose rapidement et enclenche en mode « répétition » (le film trouve vite son rythme et confine au monotone en alternant systématiquement séquence dans la « réalité » et séquence « imaginaires », toujours introduites de la même façon par un début de danse de Baby Doll) ; les dialogues ne sont pas transcendants et enchaînent les lieux communs ; les personnages n’ont pas toujours l’épaisseur escomptée.
Puis, vient le final. Et là, soudain, toutes nos certitudes sont contrariées et renversées, avec d’autant plus étonnement qu’on croyait avoir affaire à un film simplet qui misait tout sur un défouloir visuel. Ce final instille un doute qui révise toute notre lecture du film et sous-entend que, depuis le départ, Snyder avait une idée précise en tête et qu’il nous a laissé le sous-estimer pour mieux nous surprendre. Comme je l’ai lu sur un blog, il joue les Nolan, il nous fait son propre prestige, il transforme son scénario, limpide en apparence, en piège psychologique, en véritable dédale dont la multitude d’issues possibles et les contradictions nous laissent égarés et plein de questions…
… Questions auxquels de nombreux internautes ont tenté de répondre sur leurs blogs, et parfois avec beaucoup de perspicacité et d’intelligence !
Il est clair qu’un tel rebondissement rend ses lettres de noblesses à un scénario dont le postulat était excellent mais qu’on avait condamné d’avance quant à sa capacité à nous bluffer.
Alors, véritable coup de maître surprise ou arnaque entretenue par un doute totalement factice ?
J’ai mon hypothèse sur la fin, que je crois sincèrement intelligente et révélatrice d’une histoire plus complexe qu’elle ne voulait le montrer. Revoir le film sera en cela très utile et intéressant ! J’ai mon interprétation du dénouement. Il est partagé sur certains blogs. Mais franchement, tant que Snyder ne s’expliquera pas, on pourra toujours spéculer !
Dans tous les cas, cela n’enlève rien à la réflexion très intéressante qui sous-tend tout le film et s’exprime via la voix off : une réflexion sur la notion de réalité, sur la liberté, la puissance de l’esprit et de l’imagination, l’hypothèse d’un ange gardien qui nous guiderait et, surtout, notre libre arbitre, notre pouvoir d’agir sur notre destin !

CONCLUSION
Que dire de plus, sinon résumer cette longue critique ?
Déjà, dire tout simplement que ce fut une très belle séance, pleine de vrais frissons, de quelques larmes (très facilement réprimées tout de même, alors qu’impossibles à retenir pour Wall-E ou Toy Story 3), de jubilation. J’aime beaucoup aimé ce film. Pour l’instant, c’est sûr, c’est mon meilleur de l’année et ça pourrait bien le rester ! Je n’y verrais aucune honte ou injustice. C’est du très beau travail et une grande œuvre, selon moi.
Sucker Punch fait partie de ces films magnifiques visuellement qui ne se contentent pas d’user d’imagination pour servir leur propos ; l’imagination elle-même est leur propos et le film se veut un hommage à ce pouvoir humain que Snyder nous interdit de négliger ! Je ne peux que comprendre. Etant moi-même auteur à mes heures, j’ai toujours constaté à quel point l’imagination, la création, l’univers qu’on peut s’inventer et l’expression de ce dernier sous forme artistique peuvent nous libérer de frustrations, d’angoisses et nous purger de mauvaises émotions. Bien sûr, on ne peut vraiment fuir la réalité, mais au moins on peut toujours garder le dessus sur elle et tirer avantage de ses coups durs si on sait s’en faire des armes, grâce à notre imagination ! Je valide totalement ce propos et je ne peux que m’incliner devant un film dont c’est le sien !
Les personnages féminins sont très attachants ; le trio de tête Baby Doll/Emily Browning – Sweet Pea/Abby Cornish – Rocket/Jena Malone marche parfaitement, avec une mention spéciale et personnelle pour la dernière que j’ai trouvée à croquer et tout à fait ravissante, toute en fragilité. Inversement, le film propose une galerie de personnages masculins tous plus exécrables les uns que les autres. Le film embrasse le point de vue féminin mais aussi la cause féminine, n’hésitant pas à glisser un peu vers la caricature misandre pour servir son intrigue. Un film de femme, sur les femmes, pour les femmes contre les hommes mais qui ne tombe pas non plus dans la guerre des sexes ou un règlement de compte (il ne s’agit pas de vengeance, mais de liberté !) et qui ne condamne pas tout à fait la figure masculine, grâce au personnage du sage, une vieil homme positif, protecteur et rassurant mais qu’on a du mal à considérer comme un être sexué et donc qui ne pèse pas vraiment dans la balance des sexes.
C'est tout de même dans ce côté très féminin du film que j'ai mes réticences. Même si je l'approuve et le félicite, ce côté féministe m'a empêcher de rentrer à 100% dans cette histoire, comme si ma nature d'homme m'en excluait fatalement, comme si je n'étais pas tout à fait le bienvenu, comme si le film ne m'était pas dédié.
Je pense qu'il faut être une fille/femme pour vraiment être transcendé par ce film ; en tout cas, les femmes ont forcément un petit plus sur les hommes durant le visonnage.
Le film est beau, sur le fond, mais aussi évidemment sur la forme. Une splendeur visuelle qui contribue beaucoup à la fonction cathartique des séquences de bataille où l’infini jubilatoire des possibles fait concurrence à la violence libératrice de l’explosion d’émotions qui remue notre âme. Un spectacle qui ne laisse pas indifférent, qui répugne par son côté surfait ou plonge dans une transe contemplative proche du « syndrome de Stendhal ».
Zack Snyder, meilleur réalisateur que scénariste, parvient à échapper au pire en réinventant totalement des codes, des univers, des effets pourtant surexploités ou tenant du lieu commun. Il impose sa patte sur chaque plan de ce film et nous laisse sur un message positif, spirituel, profond mais qui aurait gagné en impact s’il avait été transmis plus subtilement que par une voix off trop insistante dans son épilogue.
Le film dépasse largement le statut de simple grand spectacle et vient caresser les nuages avec Nolan en s’offrant le magnifique luxe de plusieurs nivaux de lectures et d’une trame psychologique pleine de trompe-l’œil. Plusieurs visionnages devraient pouvoir venir à bout de ce mystère sans tarir l’agréable surprise que fut sa complexité !
C’est avec un grand intérêt que je suivrai les prochaines aventures de Snyder qui, justement, va collaborer avec Nolan pour le reboot de Superman ; le défi est de taille pour moi ; Snyder, avec son talent de visionnaire, et Nolan avec son talent de scénariste, parviendront-ils à me faire adorer un film consacré au super-héros que j’aime le moins ? Après ce film, je pense être en droit de l’espérer…




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Armilia



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Dim 3 Avr 2011 - 12:32

Magnifique critique Eaël! J'étais mitigée en voyant les bandes-annonce à la télé et en lisant quelques critiques dans les journaux mais tu viens de me convaincre d'aller voir le film!


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Robin



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Dim 3 Avr 2011 - 12:38

Eaël, ta critique est vraiment très bien écrite (t'as jamais pensé à faire un blog ?), et je suis d'accord sur de nombreux points. Je suis aussi un grand admirateur de Snyder, et comme toi, 300 fut une découverte d'un genre de film différent, malheureusement incompris par les critiques, qui ne le considérait que comme étant un film "bourrin", mais tu l'as déja bien expliqué.

Je ne peux donc que te conseiller Watchmen, qui est pour moi un des seuls film de super-héros (même si ce n'est pas vraiment des super-héros ici) réussi, avec The Dark Knight et dans un autre genre Kick-Ass. Et de plus, ça montre que Snyder sait adapter des comics complexes, ce qui ne laisse présager que du bon pour Superman

Néanmoins, concernant Sucker Punch, il y a quelques points pour lesquels je ne suis pas d'accord.

Premièrement, le coté musical du film. Je suis aussi un grand fan des compositeurs et des musiques de films. ( Hans Zimmer, James Newton-Howard et John Williams étant mes préférés), et Tyler Bates a fait un très bon travail, à mon avis, sur 300 et Watchmen.
Et pour ce film, comme toi apparement, j'ai d'abord essayé de rechercher le score, afin de découvrir quelques thèmes. J'ai été surpris de découvrir tout ces remix, mais ils ne m'ont pas génés, bien au contraire.
Déja, car à la base, ce sont des chansons que j'apprécie. Where is My Mind, Search and Destroy ou Sweat Dreams. Et dans ce film je constate deux choses. D'abord, Snyder n'a pas juste mis les morceaux, mais il les a arrangé. Ensuite, j'avais parfois l'impression que les paroles étaient des phrases que les personnages disaient, et que derière, on avait un score. Et c'est les raisons pour lesquels j'ai adoré le coté musical. Il y a comme un mélange subtil entre morceaux et score. Et c'est rarement le cas. En plus, certains morceaux sont interprétés par les acteurs du film, ce qui accentue mon idée sur le mélange des genres (J'espère être compréhensible). Du coup, pour un film aussi original, avoir un score original me convient parfaitement. J'ai été surpris au début, et un peu déçu aussi, mais désormais je trouve ça vraiment bien fait !

Et quand toi tu vois un clip musical, j'ai vu dans l'introduction une association très belle de l'image et de la musique, sans tomber justement dans les clichés du clip.


Pour ceux qui est du coté jeux vidéos, je suis complètement d'accord. C'est un immense cadeau que Snyder fait aux joueurs, et pendant toute les scènes de batailles, je n'arrétai pas d'espèrer qu'un jeu comme ça sorte un jour. (Parce que tuer des Orcs avec les armes de Call of Duty, c'est quand même un délire bien sympa). Ce mélange manga, science fiction, héroic fantasy m'a enchanté. J'avais jamais vu quelque chose d'aussi délirant, sans aucun tabous, ou gène de mélanger les genres. Un grand coup de maître de la part de Snyder.
Et le coté visuelle qui va avec est fantastique. La façon de filmer les combats est si original, si puissant. Il en ressortait une violence omniprésente, mais comme tu le soulignes, sans une goutte de sang, ou de moment gore. Tout ça me fesait penser aux jeux que je pouvais faire, étant plus petit, ou je m'inventais vraiment un monde, avec bien sur ce mélange des époques, des styles d'armes et cie. Là, je dis merci Snyder, d'avoir osé faire quelque chose de ce genre.

Pour le scénario: je fais partie de ceux qui trouvent le scénario très complexe, avec plusieurs niveaux de lectures. J'ai adoré cette fin. J'ai plusieurs hypotèses, et il est clair que je dois le revoir, avant d'avoir une idée définitif. J'aime beaucoup l'expression que tu as utilisé, "Snyder joue les Nolan". C'est vraiment ce que j'ai ressenti. Après avoir surpris visuellement le public, il étonne avec cette fin. Ça donne une force suplémentaire au film. Il n'y a pas que l'image. Et d'un coté, heureusement.

Les personnages m'ont plu. Etant donné que j'ai vu le film en VF (aucun ciné ne le proposait en VO prés de chez moi), je ne vais pas parler du jeu d'acteur. Mais il y avait une palette assez complète de personnages. ils étaient différents et assez variés, c'est donc une bonne surprise. Et je suis d'accord en ce qui concerne ta vision des choses, sur le rôle des femmes et des hommes.

Au final, pour moi, Sucker Punch est une belle claque cinématographique. C'est original, étonnant. Snyder était déja un réalisateur que j'admirais pour sa vision artistique, et il ne m'a pas déçu. Vivement Superman !


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Eaël



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Dim 3 Avr 2011 - 17:33

Armilia, tant mieux ça t'a décidé, dans un sens ou dans l'autre! Et si en plus c'est plutôt en faveur d'aller voir le film, c'est encore mieux! Tu nous en donneras des nouvelles! Wink

Et bien, mon cher Robin, tu m'avais dit que tu lirais ma critique avec intérêt ; c'était avant qu'elle prenne des proportions déraisonnables, mais je vois que tu n'a pas manqué à ta "parole", te voilà, tu as eu le courage de tout lire!
J'ai pensé à une époque à tenir un Blog, où je pourrais en effet faire des critiques ; mais j'ai craint plusieurs choses (Le manque de temps pour le tenir à jour, les aléas de l'inspiration, et la question primordiale : "Que vais-je apporter de plus qu'un autre blog?". Ces critères ont eu raison de cette idée! Mais je te remercie pour tes compliments! Ca fait plaisir! Smile )

Toujours un plaisir de rencontrer un camarade fan de Snyder, et donc aussi du malheureux 300!

Pour Watchmen, je prends note! Je me le procure dès que possible! C'est prévu depuis longtemps, mais là, plus que jamais, ça urge! Je partage complètement ton Top des récents films de Super-héros! Dark Knight fut bien sûr une magnifique claque, et Kick Ass fut ma grosse surprise de l'année 2010! Je me reconnais donc tout à fait en toi et je joins mes prières aux tiennes pour le Superman à venir!

C'est intéressant d'avoir un avis différent, et c'est l'intérêt de ce genre de Topic. Je comprends totalement ton point de vue sur la musique et, même, je l'approuve. J'en parle un peu dans ma critique et je reconnais totalement l'effort pour non pas seulement balancer des tubes mais bien de les réapproprier et faire sens avec eux! On ne peut que saluer cela et donc je plaide totalement coupable de névrose obsessionnelle sur les morceaux chantés! C'est moi qui me fais mes fixettes, j'en ai conscience! Je pense que cette OST s'en sort très bien et témoigne d'une vraie réflexion sur le propos du film, ce qui est l'essentiel!
Du coup, mon avis sur l'intro doit être lié à cela et ça peut expliquer pourquoi j'ai bloqué alors que tout le monde accroche!

Pour le reste, en effet, nous tombons d'accord! Les jeux-vidéo, le sentiment de liberté...

Je partage ton regret de ne pas l'avoir vu en VO, c'est bien dommage! Le DVD sera vraiment le bienvenu pour un revisionnage utile à l'analyse du scénario mais aussi pour savourer les voix et dialogues d'origine!

Bref, vive Snyder! cheers




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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Dim 3 Avr 2011 - 19:00

Superbe critique Eael,je suis tout à fait d'accord avec toi concernant 300 qui fut pour moi une vraie découverte et un enchantement visuel.

Ta critique digne de télérama (lol) me donne encore plus envie d'aller voir rapidement ce film.

Snyder est pour moi une réelle decouverte et la vision de Watchmen m'a confirmé qu'il était un vrai grand réalisteur,ce qui me réjouis pour le futur Superman Very Happy

Petite attention à Serleena : tu as écris que le film sortait ici le 30 Avril 2011,hors il est déjà en salle Wink (un petit edit et on remplace Avril par Mars).


Ce n'est pas le gout du luxe qui est condamnable,mais le sentiment d'y avoir droit.
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Serleena



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Dim 3 Avr 2011 - 19:29

Effectivement, petite erreur, j'ai du lapser avec le fait que je l'ai vu le 1er avril... c'est corrigé, merci.
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Zurg



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Lun 4 Avr 2011 - 0:46

Bon alors je vais reposter ici ducoup , donc j'ai eu la chance de découvrir le film sur les champs élysées lundi dernier en présence de monsieur Zack Snyder ( qui s'est prétté à 1h de discussions avec les spectateurs de la salle + une séance de dédicasse bien sympatoche ).


Pour résumé on ne va pas y aller par 4 chemins , ce film m'a enchanté du début à la fin , ce n'est pas le meilleur de Snyder (qui restera Watchmen version ultimate cut pour ma part , la version de 3h40) mais il s'en approche , le rendu est magnifique que ce soit visuel ou musicale , l'intro du film est à tomber par terre et le scénario va faire longtemps parler de lui jusqu'a temps que Snyder se décide à nous l'expliquer clairement personellement voici la théorie dont je me sens le plus proche après vision du film : http://lestoilesheroiques.blogspot.com/2011/03/sucker-punch-fin-sucker-punch-reve.html
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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Lun 4 Avr 2011 - 1:47

Je reposte ici, également :
Zack Snyder est un réalisateur à l’univers très décalé et Sucker Punch ne fait pas exception. Visuellement parfait, le film est un concentré pur d’émotion et d’action. L’introduction est une des plus belles et des plus marquantes, jamais proposées dans un film. Elle donne ce ton à la fois glauque et hallucinant. La bande annonce et les divers synopsis laissaient penser que le scénario tenait sur un coin de nappe : il n’en est rien ! Plusieurs histoires et plusieurs niveaux d’interprétation se mêlent. Il y a au travers de cet univers atypique toute une ode à la liberté et à la rédemption. Cette bande de filles survoltées est rudement bien choisie et semble prendre un véritable pied à jouer leur personnage ! (Avis complet)

Pour la musique, mon avis se rapproche de celui de Robin. La musique et les paroles servent magnifiquement chaque scène. Après, j'adore quand les paroles des chansons collent à la situation, car ça montre une vraie recherche et qu'elles ne sont pas que là pour l'ambiance, qu'elles ont vrai sens et renforcent la scène, donc je ne suis peut-être pas objective.

Ma vision se rapproche également du lien posté par Zurg. Il a réussi à mettre en mots ce qui se bousculait dans ma tête. Faut que je le revois !



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mar 5 Avr 2011 - 19:02

Au risque d'être hors sujet, je profite de ce topic pour vous montrer un mash-up fait par un fan Américain de Disney que je trouve vraiment bien fait... Voici la version française remontée par mes soins...

http://www.youtube.com/watch?v=llBCfa5AqY0

Pour l'original en anglais c'est ici :

http://www.youtube.com/watch?v=vQYKfw4fBhM


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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mar 5 Avr 2011 - 21:29

je devais voir le film lundi mais j'ai eu un empêchement, je pense le voir dans la semaine...je n'ai pas osé lire vos critiques bien qu'elle semble interessante ( j'avoue que j'adore lire les messages d'Eaël)mais même si Serleena l'a précisé au début au sujet de spoiler, j'ai peur de me spoiler..chose dont j'ai horreur ^^ donc je trouverai le courage de lire tout le topic une fois le film vu =^_^=




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Serleena



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mer 6 Avr 2011 - 0:30

@bavouille a écrit:
je devais voir le film lundi mais j'ai eu un empêchement, je pense le voir dans la semaine...je n'ai pas osé lire vos critiques bien qu'elle semble interessante ( j'avoue que j'adore lire les messages d'Eaël)mais même si Serleena l'a précisé au début au sujet de spoiler, j'ai peur de me spoiler..chose dont j'ai horreur ^^ donc je trouverai le courage de lire tout le topic une fois le film vu =^_^=

Elle est assurée sans spoilers, ne t'en fais pas! Wink Après tu peux choisir de partir voir ce film sans rien savoir et sans à prioris aussi, c'est un choix et je pense que ça reste la meilleure façon de se laisser surprendre par un film!

J'avais aussi écrit une critique, plus courte et condensée, mais comme je ne fais que répéter en moins bien ce que dit Eaël, et afin qu'on ne me taxe pas de plagiat, je ne l'ai pas postée Razz Mais si tu veux avoir un avis qui en dit moins, je peux toujours te l'envoyer! Wink

Mr T: effectivement, je me suis demandée sur le coup que lien ça avait avec Sucker Punch... scratch
Mais c'est bien les paroles, le texte et la musique de la bande-annoncer originale, en fait je l'avais déjà vu (je sais même plus où), mais je reconnais que c'est vraiment très réussi! J'adore surtout Frollo XD
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Zurg



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mer 6 Avr 2011 - 0:46


Spoiler:
 




Dernière édition par Zurg le Mer 6 Avr 2011 - 19:19, édité 1 fois
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Eaël



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mer 6 Avr 2011 - 2:48

Aaah! Cool, Zurg!

Merci de nous tenir au courant! Tu as de la chance d'avoir pu revoir le film et ainsi réinterpréter le film avec tous les éléments nécessaires!
J'étais tombé sur le lien que tu nous passé (les toiles héroïques) au retour du cinéma, en faisant des recherches! Et moi aussi, j'avais été très convaincu par cet excellent article qui rejoignait ma théorie principale sur la fin!

Merci d'avoir partagé ton expérience en tout cas! Hâte de le revoir à mon tour pour constater tout cela par moi-même!

bavouille ---> Je comprends tes réticences! Découvrir un film à 100%, ça a du bon, hors de toute influence! Une critique, si elle est mauvaise, peut à la mesure déboucher sur une agréable surprise (effet de contraste), mais une critique trop élogieuse peut pousser à idéaliser le film avant l'heure et provoquer une déception.
Ceci dit, je te remercie pour ta remarque très sympa sur mes posts! Mais je te recommande la critique de Serleena qui dit la même chose que moi mais avec l'esprit de synthèse, ce qui est plus agréable et moins lourd!

D'ailleurs, je n'ai pas pensé à dire l'évidence :
J'ai fait allusion dans ma critique à la promotion du film qui, comme pour tant d'autres, me semble vraiment trompeuse et semble vendre un film pour "mecs" (connotation négative). Donc, très méfiant, et même en voyant "Zack Snyder" sur l'affiche, j'ai vraiment douté et je ne comptais vraiment pas voir le film.
C'est Serleena qui a cru en ce film, avec réserve mais une forte intuition, et donc je l'ai suivi! Sans son impulsion, je ne serais pas là en train d'en faire l'éloge, donc je la remercie!




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Serleena



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mer 6 Avr 2011 - 16:35

Zurg: utilise plutôt la bannière spoilers quand tu en fais, parfois, même involontairement, notre regard peut tomber sur des choses qu'on aurait aimé ne pas savoir! Wink

Spoiler:
 

Sinon, certes la promo est maladroite, mais pas mensongère, quand on y pense: l'accent est mis sur des filles en jupettes qui se battent, et bien c'est ce qu'on retrouve dans le film!
Après c'est vrai qu'en voyant ça on s'attend à voir pas mal de fanservice, ce qui n'est pas le cas, au final, et ce n'est pas plus mal!
Ne jamais, jamais se fier à la promo d'un film!
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Zurg



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mer 6 Avr 2011 - 23:18

J'ai fait un gros craquage aujourd'hui à la fnac pour la modique somme de 99€ je suis repartit avec le coffret pré-commande de Sucker Punch. Mais Késako ?!

Et bien c'est un jolie coffret remplis de goodies bien sympathique , on y retrouve :

- Une série de photos des héroines du film au format A4
- Un poster horizontale
- 2 places de cinéma pour aller voir Sucker Punch au cinéma.
- La BO du film
- Le bluray de 300
- Le bluray de Watchmen
- Un magnifique artbook de 250 pages environ !
- Une carte cadeau fnac qui vous permettra de récuperer le bluray de Sucker Punch en édition ultimate ( Bluray - DVD - Digital copy )

je vous ai fait quelques photos :








Le coffret est en édition limité et numéroté , disponible uniquement à la fnac ou sur fnac.com Smile si vous avez des questions.
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Serleena



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mer 6 Avr 2011 - 23:55

Effectivement, j'ai déjà vu ce coffret et il me fait pas mal baver, même si beaucoup des trucs sont de purs goodies, rien que la BO et le livret donnent envie mais plusieurs hics me dissuadent radicalement:
-le prix, bien sûr,
-On a déjà 300 en DVD et je pense pas avoir vraiment envie que Watchmen le rejoigne...
-les Blu-ray, j'en aurais de toute façon aucune utilité!

A quand le retour de beaux coffrets DVD? -____-
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Zurg



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Jeu 7 Avr 2011 - 0:11

@Serleena a écrit:
Effectivement, j'ai déjà vu ce coffret et il me fait pas mal baver, même si beaucoup des trucs sont de purs goodies, rien que la BO et le livret donnent envie mais plusieurs hics me dissuadent radicalement:
-le prix, bien sûr,
-On a déjà 300 en DVD et je pense pas avoir vraiment envie que Watchmen le rejoigne...
-les Blu-ray, j'en aurais de toute façon aucune utilité!

A quand le retour de beaux coffrets DVD? -____-


La bo et le livret sont disponibles séparément Wink
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Serleena



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Jeu 7 Avr 2011 - 22:00

@Zurg a écrit:
@Serleena a écrit:
Effectivement, j'ai déjà vu ce coffret et il me fait pas mal baver, même si beaucoup des trucs sont de purs goodies, rien que la BO et le livret donnent envie mais plusieurs hics me dissuadent radicalement:
-le prix, bien sûr,
-On a déjà 300 en DVD et je pense pas avoir vraiment envie que Watchmen le rejoigne...
-les Blu-ray, j'en aurais de toute façon aucune utilité!

A quand le retour de beaux coffrets DVD? -____-


La bo et le livret sont disponibles séparément Wink

Je crois que le livret est déjà épuisé, seul. Par contre pour la BO, c'est vrai, oui. Mais ça fera pas de mon DVD une édition collector! Wink

Sinon, j'ai trouvé deux interviews qui pourraient vous intéresser. Le premier est en anglais et contient des spoilers mais est vraiment très, très intéressant: Snyder nous parle de la culture geek et de la raison pour laquelle il n'y a pas de fanservice dans son film tout en ayant affublé ses héroïnes de mini-jupes. Mais surtout, il nous raconte quelle était la fin initiale avant de devoir la changer (à son grand regret) suite aux réactions d'un public test. Ce qui est triste, c'est que nous ne verrons apparemment jamais cette fin, qui semblait pourtant autant, sinon plus, intéressante que l'actuelle!

S'il y a des non-anglophones qui voudraient comprendre, je peux faire un petit topo! Wink
http://www.filmschoolrejects.com/features/interview-zack-snyder-on-the-sexuality-and-world-of-sucker-punch.php

Le second est plus basé sur les jeux vidéos et les références qu'il a utilisé, c'est en français et en vidéo, s'il vous plait!
http://www.jeuxvideo.com/news/2011/00049854-interview-de-zack-snyder-realisateur-de-sucker-punch.htm
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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Ven 8 Avr 2011 - 23:16

Je ne vais pas m'attarder sur la qualité du film, Eaël a tout dit : encore une belle critique qui me permet d'apprécier encore plus le film à sa juste valeur cheers


Quand je suis sorti du cinéma, j'étais perplexe, frustré ; j'avais l'impression d'être passé au travers du film... Jamais un film ne m'avait mis "mal à l'aise positivement" (excepté Inception...). Bref, une drôle de sensation...
En réalité, je suis passé à côté du scénario (pour ma part, j'adhère à l'interprétation faite par les toiles héroïques, il faudrait le revoir désormais), j'ai été dupé par la complexité implicite de l'histoire !

Quoi qu'il en soit, depuis L'Armée des Morts Zack Snyder montre bien qu'il est un maître et qu'il arrive à nous plonger dans ses rêves les plus fous !

P.S : J'ai regardé Watchmen il y a peu de temps, un seul mot : titanesque !
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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Ven 8 Avr 2011 - 23:28

ce film est génial !!!! avec son ambiance jeu videos, et des images splendides encore une fois ! Zack Snyder a su se créer vraiment son propre style et son propre univers graphique, et ne cesse de nous surprendre de film en film en nous livrant un nouveau filkm des plus subtile par son histoire qui s'avère plus complexe qu'elle peut y paraître!

vivement SUPERMAN a la sauce SNYDER et NOLAN! Very Happy
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Emyannae



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Sam 9 Avr 2011 - 18:45

J'ai enfin vu le film il y à deux jours et quelle claque visuelle et sonore dans un premier temps !
J'adore toujours autant l'esthétisme à la Snyder.
Les musiques du film sont tout juste géniales,elles collent parfaitement à l'action,et nous y transportent.

Quand à l'histoire ce n'est vraiment qu'en la racontant à mon homme que j'ai pris conscience de sa profondeur et des ses méandres.C'est bien plus qu'une simple et vulgaire histoire de jolies nanas dans un jeu vidéo.
Il est question d'imagination,auto-suggestion,du combat pour sa liberté,sa vie,de se transcender...

Mon seul regret et leu jeu des acteurs parfois un peu faible mais qui est rattrapé par la réalisation.

Petit hourra pour Vanessa Hudgens qui est vraiment plus intéressante que dans cette mièvrerie qu'est HSM !


Ce n'est pas le gout du luxe qui est condamnable,mais le sentiment d'y avoir droit.
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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mar 19 Avr 2011 - 17:06

Me revoilà ^^ Alors j'ai vu le film il y a quelques temps maintenant mais j'étais occupée et donc je me suis pas connecté au forum depuis un petit moment !

J'ai enfin pu lire vos critiques et les spoilers ! Au passage Seerlena je veux bien lire ta critique via MP =^_^=

Bon je suis pas (encore) cinéphile, je n'ai pas une grande culture général du ciné et très peu constructive dans mes avis ou critiques mais bon je voulais donner mon avis aussi.

Tout d'abord, j'avais entendu dire du film que visuellement il était magnifique et que l'ost était génial aussi. J'approuve ces deux points, il est vrai que visuellement on en prend plein la gueule, d'ailleurs je sais pas vous mais Baby Doll porte vraiment bien son nom ! Elle ressemble vraiment à une petite poupée (lolita?). J'ai aussi apprécier l'OST et comme l'a souligné Eaël , il est vrai que dès le début on sent que la musique va avoir une place importante.

Ensuite, côté scénario ( et là ça se complique) >< ben..c'est que je suis sorti du film en ayant pas tout compris et en me posant des questions..( je sais même plus lesquelles désolée >< ). Mais je me rappelle en avoir parlé avec mon copain ( qui l'a vu avec moi ) et à la sortie du film jme rappelle qui l'a dit " Dans Inception ( oui parce que j'adore Inception et on avait abordé le sujet car les deux films parle de rêve) tu comprends le film car tout s'explique au fur et à mesure tandis que là (dans Sucker Punch) ils expliquent pas et tu te poses encore des questions" et je me rappelle avoir approuvé ^.^' Ceci dit, en essayant de me rappeler du film pour poster mon avis ici, je me demande encore ce que je n'ai pas compris...

Aussi j'avais lu aussi (avant de voir le film) que c'était un film soit que tu aimes soit que tu détestes. Je pensais être d'accord sur cela mais en faite je me rend compte que je suis très partagée, je l'ai trouvé sympathique mais sans plus (me tapez pas ><). Par contre en lisant après vos avis, critiques et spoiler là jme dis que je suis passée à côté de l'essentiel et jme dis surement que je devrai le revoir pour mieux le comprendre, d'ailleurs en sortant de la séance je m'étais fait la reflexion...mais d'un coté ( en me le remémorant) j'ai pas envie....c'est très bizarre comme sensation car je suis vraiment partagée.. .

Je pense que j'aurai besoin d'un gros spoiler qui explique tout mais d'un côté je pense que c'est le but du réalisateur de nous "torturer" l'esprit..dans le sens où chacun peux avoir son interprétation mais après je peux me tromper ! Et s'il n'y a qu'une seule interprétation à comprendre alors je suis prête à l'entendre ^.^

Ah aussi , un petit truc que j'ai pas trop aimé aussi, c'est que dans les combats, spectaculaire certes, mais pas trop " réaliste" genre meme pas une petite égratignure après s'être fait projeté à 200km/h au sol, en détruisant meme le sol ^^' Même si on plonge dans l'univers du rêve et du jeu vidéo et donc on fait ce qu'on veux, ça manquait un petit peu pour ma part ^^'




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Serleena



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MessageSujet: Re: [Warner] Sucker Punch (2011) Mar 19 Avr 2011 - 17:59

Je te mets ma critique ci-dessous, des fois qu'elle pourrait quand même en intéresser d'autres! Wink Mais bon, du coup tu risques de ne pas partager mon avis, je suis moins nuancée que ma moitié, moi j'ai tout adoré de bout en bout.

Sinon, as-tu visité les liens donnés aux pages précédentes?
Je te refais un topo des liens les plus importants, juste au cas où, ça peut t'aider à te faire un avis:

- screenrant. com : un article en anglais qui reprend à travers quelques questions/réponses les points obscurs du film sans prétendre réellement apporter de réponse: utile pour se faire un avis si on n'hésite toujours.

- mamuvies.blogspot.com : un petit ajout, toujours en anglais, moins complet mais qui s'ajoute bien à la lecture du précédent.

- lestoilesheroiques.blogspot.com : un article français très bien construit qui explique une théorie concernant le film et prétend donc répondre à la question qu'on se pose naturellement après le visionnage. Ca va parfois chercher loin, mais il faut dire que c'est bien vu et bien construit et très intéressant. Une excellente analyse, très pertinente, même si je ne la partage pas vraiment (et visiblement Snyder non plus).

- filmschoolrejects.com : un interview en anglais de Snyder qui vaut de l'or. Si vous ne devez consulter qu'un lien, c'est celui-ci. Le réalisateur revient sur la réactions des détracteurs du film, le choix d'utiliser des filles sexy (sans exploiter leur corps pour autant comme il l'explique très bien), des musiques, mais aussi et surtout, sur sa fin originelle (qu'il a modifié en raison d'un public test peu réceptif, chose dont il reste frustré). Une fin étonnante que j'espère voir un jour même si ça semble mal barré, même pour la version Ultimate Cut. L'interview est vraiment riche et nous montre que Snyder savait très bien ce qu'il faisait avec ce film.

Si tu ne parles pas anglais, dis-le moi, je t'expliquerai en deux-trois mots de quoi il retourne! Wink

Sinooon, dans le dernier Mad Movies une interview de Snyder a été publiée et elle est très intéressante... puisqu'il avoue sa propre lecture du film! Je vous le recommande mais je peux déjà vous dire que
Spoiler:
 

Et le reste est très intéressant également!


***

La petite critique que j'avais écrite en ressortant du cinéma - c'est un peu synthétique mais garanti sans spoilers:


Sucker Punch, dernier OVNI de Zack Snyder est enfin dans nos salles obscures depuis mercredi dernier! Après maintes hésitations mais emballée par le pitch et les images, je me suis décidée à le voir, entraînant à ma suite Eaël.

Après tout, Sucker Punch, ce n’est pas un film à découvrir sur un écran de télé et si vous avez un quelconque doute, n’hésitez plus : courrez le voir. Vous regretterez peut-être d’avoir perdu plus ou moins 9€ pour rien, mais ce serait bien plus dommage de regretter ne pas l’avoir vu au cinéma, que vous aimiez ou non, mais surtout si vous aimez, bien sûr.
De ce que j’en ai vu, les avis tranchés et il me semble que c’est en effet ce genre de film que l’on ne peut qu’aimer ou détester sans concessions.
Pour ma part, j’ai adoré. Comme je l’ai dit, ce genre de claque donne envie de tendre l’autre joue ! Et histoire de vous convaincre, je vais vous donner cinq bonnes raison de voir et d’apprécier le film. C’est parti !

1. C’est l’évidence même, mais c’est Zack Snyder. Et qui dit Zack Snyder dit mise en scène soignée, esthétisme et effets visuels à tomber, réalisation irréprochable, et Sucker Punch ne fait pas exception, au contraire. Dès les premières minutes, il étale son talent : la scène d’introduction est d’une force et d’une beauté rares. J’en étais à genoux, et j’en frissonne encore, à vrai dire. L’image est incroyablement travaillée et Snyder créé une ambiance à partir de rien. La présentation de certains personnages (comme le beau-père ou encore le maire) est renversante tant l’expérience apparaît « sensuelle » (à comprendre dans sa définition originelle, bien sûr) : le film n’est pas en 3D, mais pourtant, l’immersion est bien là, les plans, la gestuelle, les expressions, la musique, nous font comprendre sans un mot combien le premier est un être abject et mettent en avant le côté écœurant du second. Jamais les images n’ont si bien dit ce que les mots ne pouvaient que faire deviner. Aucun plan n’est inutile, ils nous disent tous quelque chose de l’histoire, des personnages. S’attarder sur un seul d’entre eux peut révéler un tout autre aspect du film.
Musicalement, Snyder a choisi de mettre en avant des chansons remixées sur lesquelles Tyler Bates brode quelques morceaux instrumentaux toutefois peu mis en avant. Les chansons sont choisies pour leurs paroles, en résonnance au contenu du film, et l’actrice principale chante elle-même sur trois des pistes de la BO. Mélange d’éléctro, de trip-hop et de rock, on retrouvera aussi bien du Björk qu’un mash-up de Queen version rap, des reprises d’Eurythmics, de Jefferson Airplane (White Rabbit, chanté par Emiliana Torrini) ou encore de The Pixies (le très célèbre Where is my mind ?)…on aime ou pas, mais il faut reconnaître que l’ambiance musicale colle de très près le film.
Mais Sucker Punch, c’est avant tout une claque visuelle, si bien que les plans sont souvent plus lourds d’émotion que le jeu des acteurs lui-même (ils ne sont pourtant pas en reste, j’y reviendrais).
Les scènes d’action ressemblent à des cinématiques de jeu-vidéo, c’est soigné, épique, on en a le souffle coupé et le mieux dans tout ça, c’est que, de par le scénario, on ne peut même pas lui reprocher l’utilisation abusive (mais toujours réussie) de ralentis, ou de combats magnifiquement chorégraphiés, dignes de Matrix. Bien sûr, il se fait plaisir pour son premier film non adapté, mais nous aussi, on y prend goût, et puis, peut-on le lui reprocher ? C’était l’occasion ou jamais. Snyder nous convie sur le terrain de l’imagination : il ne se fixe pas de limites, nous non plus. Le film en lui-même est une ode à l’imagination, à la capacité à s’extraire du réel…

2. Parce que Sucker Punch, justement, est un film hybride dans lequel vous trouverez forcément votre compte à un moment ou à un autre, même si ça ne suffira peut-être pas à vous faire aimer le film. Il mélange sans gêne différents genres : action, drame et fantastique, mais aussi science-fiction, heroic-fantasy, film de guerre/historique, post-apocalyptique ou encore thriller/suspense, le tout bercé par un univers clairement inspiré de la culture geek et vidéoludique et empruntant parfois même à la comédie musicale. Si vous êtes un homme, il y a des fortes chances pour que le combo femmes-enfants sexy en jupettes/katanas vous plaise. Si vous êtes une femme, vous vous retrouverez sûrement dans les différentes héroïnes et leur quête de liberté car il faut le dire : le film est très clairement féministe.
Certes, il ne sera pas pour autant accessible à tous : si vous avez les pieds sur terre, ou que vous considérez « manga », « geek », « punk », comme des gros mots, passez votre chemin ! Snyder prend des partis audacieux dont on comprend aisément qu’ils puissent déplaire ou rebuter.
Mais connaissez-vous beaucoup d’autres films ou géants, orcs et dragons côtoient robots, samouraïs et nazis zombifiés ? Ça, c’est un argument pour aller le voir, ou je ne m’y connais pas ! Malgré cela, le film est tout public (avec quand même un petit avertissement) et ne tombe jamais dans l’extrême violence ni le sexe, que Snyder avait probablement réservés à la testostérone de 300.
Le film n’est d’ailleurs pas aussi défouloir qu’on pourrait le croire. Il n’y est pas question de vengeance, mais de combat pour survivre, de liberté, de sacrifice. Si le propos est d’une noirceur évidente, les images elles ne sont jamais choquantes : le film suggère plus qu’il n’en montre. Sous des dehors tapageurs, le message est plus subtil qu’il n’y paraît…

3. Parce que Sucker Punch a un scénario plus développé que celui d’Avatar. Certes, ce n’est pas forcément évident au premier coup d’œil : une fille enfermée contre son gré dans un asile psychiatrique qui décide de s’en échapper à l’aide de cinq compères qu’elle met en scène dans des scènes d’actions spectaculaires… mouais. Et pourtant, si le scénario n’a rien de celui d’un Nolan ou d’un Scorcese, il est clairement plus fouillé qu’il n’y paraît. Le film ne manque pas de rythme et est dépouillé de blabla superflu, alternant judicieusement scènes de baston et de réflexion pour nous permettre de respirer sans jamais perdre pied. Les dialogues ne sont pas très nombreux, mais tout est dit : encore une fois, les mots ne semblent pas être le support de prédilection de Snyder pour faire passer des émotions. Mais si on pourrait taxer le film d’exutoire pour ados pré-pubères, il serait triste de s’en tenir là. Certes, c’est un cocktail déjanté et explosif mais qui n’est pas dépourvu de message ni de multiples lectures. D’ores et déjà fleurissent sur la toile les diverses explications et théories que chacun peut avoir concernant la révélation finale. Il n’en ressort qu’une chose : il n’y a clairement pas de réponse ultime, et sûrement est-ce le but de Snyder, en nous livrant un film sur l’imagination, que de nous laisser travailler la nôtre. Il faut sûrement plusieurs visionnages afin d’en saisir tous les aspects, tant le film est truffé d’indices, du choix de certains plans aux paroles des chansons, en passant par le titre lui-même. D’indices, mais pas de réponses, et c’est pour ma part quelque chose que j’apprécie. Snyder nous tient la main, mais pas trop : sa pression est légère, et il finit par nous lâcher avant la fin, pour nous laisser choisir notre propre voie.
Mais au final, même sans cette réflexion sur notre combat dans la vie, il en resterait encore cette explosion d’images et d’émotions qui donnent au film cette saveur particulière.

4. Parce que les héroïnes sont vraiment bonnes… actrices. En plus d’être jeunes et sexy, les cinq comédiennes principales sont incroyablement efficaces. Pourtant, aucune d’entre elles n’a une filmographie transcendante : ou elles ont peu tourné, ou elles s’en sont cantonnées à des seconds-rôles… Ici leur transformation est stupéfiante, et pas seulement d’un point de vue physique. Snyder semble miser beaucoup sur elles : tantôt fragiles, tantôt fortes, ces jolies poupées ne sont pas de porcelaine. Elles sont suffisamment changées ou inconnues pour incarner leur personnage sans effacer le film par leur nom comme c’est parfois le cas avec de trop grandes stars. Bien que seulement trois soient réellement mises en avant, leur caractère est bien dessiné : derrière cette solidarité féminine, on devine chaque profil. La battante farouche, la naïve trop bavarde, la séductrice pétillante, la gentille manipulable, la leadeuse charismatique,… je me suis beaucoup attachée et identifié à chacune d’elles, avec un petit bémol quand même pour Vanessa Hudgens, que j’ai trouvé un poil moins convaincante que les autres et plus en retrait. J’ai retrouvé avec plaisir Emily Browning, qui a bien grandi, et qui tire admirablement bien son épingle du jeu. J’approuve les choix de Snyder, pourtant pas forcément évidents : les actrices ont toute l’âge idéal pour avoir la fragilité et l’innocence de jeunes filles à peine sorties de l’enfance, mais aussi la force et la capacité de séduction de femmes mûres qui savent ce qu’elles veulent. Pourtant, malgré ce défilé de petites tenues, pas de fanservice : leur corps sont rarement mis en avant comme objets sexuels, leurs tenues ne sont qu’une autre façon d’affirmer leur féminité dans un combat pour la liberté où elles refusent de se soumettre.

5. Parce que je vous le recommande, et ça, c’est la meilleure des raisons ! Wink
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