Jean CUSSAC

Jean Cussac est né à Paris le 31 mai 1922. Il a étudié le chant au Conservatoire national et a commencé une longue carrière de chanteur soliste et choriste, en tant que baryton. Il a donné de nombreux concerts classiques (musique ancienne, concerts de musique de chambre).
Dans sa jeunesse, il fit partie d'un groupe de "lyrique jazz" appelé les « Swingle Singers » avec lequel il connût un certain succès (leurs disques sont toujours réédités aujourd'hui, notamment aux Etats-Unis où ils reçurent trois « Grammy Awards » du meilleur chœur de 1964 à 1966). Ils ont même eu l’honneur de donner un concert à la Maison Blanche devant le président Johnson.
Jean Cussac a aussi eu l’occasion d’accompagner de nombreux artistes, comme Edith Piaf, Léo Ferré, Tino Rossi, Gilbert Bécaud.
En 1962, les Américains de chez Disney et le directeur musical de doublages André Theurer cherchent un prince pour le second doublage de
Blanche-Neige et les Sept Nains. Ils font passer des essais qui ne sont pas satisfaisants, car trop « lyriques », à plusieurs chanteurs. Ils choisissent finalement Jean Cussac, qui bien que n’étant pas dans le pupitre du rôle (le prince est censé être ténor, or Jean Cussac est baryton), colle mieux au personnage. Il faut noter que Jean Cussac avait déjà 40 ans à l'époque, ce qui ne l'a pas empêcher d'interpréter le rôle d'un jeune homme de 20 ans de moins que lui!
Petite interview : « Au moment de l’essai, j’ai fait quelques mesures, on a dit « c’est lui ! », et le directeur de la boîte de doublage a dit « ce n’est pas possible, Cussac a fait un petit nain hier ! » » se remémore-t-il avec amusement. « Pour lui, en tant qu’homme de cinéma, quelqu’un qui faisait le petit nain ne pouvait pas faire aussi le prince charmant ! Seulement, il ne s’imaginait pas que j’avais truqué ma voix pour chanter Heigh Ho, Heigh Ho, on rentre du boulot ! »
Sa prestation est retenue par Disney qui le demande sur plusieurs autres films, comme
Les 101 Dalmatiens la même année (voix chantée de Roger),
Merlin l’Enchanteur en 1963 (chanson d’introduction), et
Le Livre de la Jungle en 1967 (voix chantée de Bagheera). « A partir de là, les Américains voulaient que je sois là » se souvient-il.
Jean Cussac s’est ensuite initié au métier de directeur musical de doublages.
A l’époque, le principe était le même que pour une synchro parlée : le directeur musical retranscrivait sur une bande mère ce qu’il entendait dans la version originale : paroles et musique. Il mettait des repères pour indiquer où se trouvaient les croches, les noires, etc... Ensuite, il retranscrivait cela sur une autre bande rythmo avec une véritable portée musicale et les paroles écrites par l’adaptateur.Ce travail de détection était particulièrement nécessaire, surtout lorsque l’on sait que certaines productions n’envoyaient pas leurs partitions ou envoyaient des partitions qui ne correspondaient pas complètement à ce qui se trouvait dans le film.
Après la phase de la détection, le directeur musical faisait (et fait toujours) un devis avec les estimations du nombre séances d’enregistrement en studio, des salaires des chanteurs, etc... Une fois les séances planifiées, il dirigeait les séances avec un playback.
Il a aussi assuré la direction musicale de nombreux doublages et redoublages pour Disney :
Dumbo (1980),
Rox et Rouky (1981),
Basil détective privé (1986),
La Belle et le Clochard (1986), et bien d’autres...
Comme beaucoup de comédiens, il est assez critique envers le phénomène des stars qui se mettent au doublage. Il se rappelle que Disney avait voulu lui imposer une célébrité sur le doublage d’un film d’animation. « Il y avait un morceau plutôt rock, et on m’avait envoyé un chanteur célèbre aux studios de La Garenne-Colombe. Il est arrivé, très gentil. Il avait eu la musique et la K7 avant, et il n’y arrivait pas, c’était trop haut pour lui. Mais on ne peut pas modifier un playback. Donc on est revenu sur les interprètes que j’avais prévus au départ et qui collaient exactement à la voix, au style... Mais cela a fait un sac de noeuds, car les chanteurs ont refusé les cachets que j’avais prévus. Ils ont dit « Si Disney demande une vedette, c’est qu’ils ont de l’argent pour payer » ». Il pense que le vedettariat dans le doublage est un argument purement commercial, mais pas artistique du tout.
Aujourd’hui, après une longue carrière, Jean Cussac coule une retraite bien méritée dans le Sud-Ouest de la France.
Avis personnel : Jean Cussac est un grand nom de chez Disney France et même Disney USA était fan de lui. Pourtant il est très peu connu, même des fans de Disney. Je dois avouer que parmi les doubleurs, Jean Cussac est mon chouchou n°1. Son interprétation de "Un chant" dans Blanche-Neige et les Sept Nains est tout simplement incroyable! Sa voix est d'une "puissance érotique" absolue. J'aime déjà beaucoup l'allure du Prince de Blanche-Neige, c'est vraiment LE Prince charmant, romantique, chevaleresque, jeune et beau, mais la voix de Jean Cussac le rend carrément torride! Je regrette vraiment sa voix sur le nouveau doublage, car vraiment, quelle voix! C'est pareil pour son interprétation de "La légende d'Excalibur" dans Merlin l'Enchanteur. Je l'ai toujours trouvée très troublante. Elle me donne à tous les coups des frissons et les larmes aux yeux!
Venez partager vos avis. Suis-je la/le seul(e) dont le grain de voix me fait cet effet là?
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J'ai 10 cm de la tête à la queue jeune fille et j'estime que c'est une bonne taille, sans aucun doute!